
Mercredi, la Ville de Paris a confirmé la prolongation des baignades en Seine. Le public pourra barboter dans le fleuve jusqu’au 7 septembre à Grenelle et jusqu’au 14 à Bercy. Alors le compteur de l’affluence vient d’atteindre les 100.000 personnes depuis l’ouverture des sites de baignade le 5 juillet, Pierre Rabadan, adjoint à la maire en charge du sport, se félicite de ce succès populaire et de cet héritage concret des Jeux de Paris 2024.
Vous vous attendiez à un tel afflux du public ?
C’était difficile de se projeter en termes de chiffres au départ, cela dépendait beaucoup de la météo. Je n’avais pas vraiment d’objectif. Malgré un mois de juillet capricieux et pluvieux, je suis satisfait. Ouvrir trois sites de baignade en même temps était un pari. Ça a beaucoup fait parler, il y a eu des moqueries, de la défiance. Les trois sites ont largement trouvé leur public, c’est un beau succès populaire. Je suis content de la manière dont les gens se sont appropriés ces espaces.
L’héritage des Jeux prend tout son sens ?
Oui puisque dès l’étape de la candidature, la maire a voulu faire de la Seine un atout et saisir l’opportunité des Jeux pour améliorer la qualité de l’eau. On a corrigé et réparé les dégâts de la pollution humaine. Grâce à la mobilisation de Paris, du préfet de région, des collectivités en amont, du SIAAP (Syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne), on a pu tenir une promesse très vieille dans un temps très court et être prêt pour 2024. Neuf épreuves ont eu lieu dans la Seine, malgré beaucoup de défiance, et dès 2025 nous livrons en héritage trois sites de baignade, qui rencontrent un public très nombreux. Les Jeux ont servi la Seine, et la Seine a servi les Jeux. C’était un pari audacieux, innovant, et on est très heureux de l’avoir fait.
C’était évident, compte tenu de ce succès, de prolonger de quelques semaines ?
C’est un peu comme les Jeux : avant, il y avait beaucoup de sceptiques, des gens qui prédisaient une catastrophe, et au final c’est un succès. Compte tenu des 13 jours de fermeture en juillet à cause des pluies, on a réfléchi aux possibilités d’ouvrir un peu plus longtemps. Ce sera ouvert une semaine de plus, sur les mêmes horaires, à Grenelle, et deux semaines à Bercy en commençant à partir de 8 heures – pour compenser la fermeture du Bras Marie, qui s’arrête pour des raisons de cohabitation avec la navigation. On a réussi à trouver cet équilibre, sans impacter les autres activités de la Seine, en proposant une offre de baignade a minima jusqu’au 14, et j’espère aussi le week-end du 20-21 septembre.
Les prévisions météo ne vous font pas peur ? Elles ne sont pas très optimistes pour la semaine à venir.
J’ai vu qu’une dégradation arrivait, mais j’essaie d’être optimiste. Il y aura quelques perturbations, mais il devrait y avoir des jours sans pluie. J’espère qu’on arrivera à profiter au maximum. De toute façon, on a pris ce risque et je sais que ça répond à une demande importante. Pas mal de gens m’ont dit qu’ils n’avaient pas eu le temps d’y aller et qu’ils aimeraient s’y baigner.
Certains baigneurs ont regretté l’absence d’espaces dédiés à la natation sportive. Est-ce un aménagement que vous pourriez mettre en place à l’avenir ?
On n’a pas voulu créer des piscines supplémentaires, mais des baignades urbaines. Ce n’est pas la même chose. On va faire un retour d’expérience des trois sites, voir ce qui peut être amélioré et prendre en compte les retours. Je ne ferme pas la porte, mais c’est encore tôt pour en parler. Jusqu’à présent, l’expérience baigneurs est quand même proche d’être unanime dans sa réussite.