— Publié le 30 septembre 2022

Pour Thomas Bach, une visite à Rome qui en dit long

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Thomas Bach prend goût à l’Italie. On peut le comprendre. Le président du CIO s’est offert jeudi 29 septembre son second voyage à Rome en seulement deux semaines. Le premier, une invitation du Comité national olympique (CONI) pour être décoré d’une médaille, était prévu d’avance. Le second l’était nettement moins.

Quatre jours seulement après des élections législatives qui ont basculé l’Italie dans le camp de l’extrême-droite, Thomas Bach a pris la route de Rome pour y rencontrer Giorgia Meloni, appelée à devenir la première femme Premier ministre du pays. Une photo a immortalisé la scène (ci-dessus). Un communiqué du CIO en a officialisé la nature des échanges.

L’entretien a duré une heure. Thomas Bach était accompagné par Giovanni Malago (à gauche sur la photo), le président du CONI et du comité d’organisation des Jeux d’hiver de Milan-Cortina 2026.

Quatre jours, donc. L’empressement de Thomas Bach à cet aller-retour express entre Lausanne et Rome peut surprendre. Giorgia Meloni n’est pas encore officiellement Premier ministre, même si la victoire de sa coalition aux élections législatives lui assure une solide majorité à la Chambre et au Sénat. Le président du CIO aurait pu attendre.

Mais Thomas Bach le sait et ne s’en cache plus : la préparation des Jeux d’hiver de Milan-Cortina 2026 prend déjà, à moins de quatre ans de l’échéance, l’allure d’une course de vitesse. Une épreuve à obstacles où le moindre ralentissement prolongé peut tourner au désastre.

Le CIO l’explique dans un communiqué : “le point le plus important à l’ordre du jour de cette entrevue était les Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026“. Quatre jours après la victoire de la coalition des partis de droite, il semble douteux que le dossier olympique figure en tête de la liste des priorités de Giorgia Meloni. La dirigeante italienne aurait pourtant assuré à Thomas Bach que ces Jeux sont “extrêmement importants pour nous. L’Italie est plus que capable d’organiser des Jeux magnifiques et nous avons à cœur d’impressionner à nouveau le monde. Vous pouvez compter sur nous.” Cool.

En échange, Thomas Bach a remercié la dirigeante italienne du “soutien sans faille qu’elle apporte au sport et au mouvement olympique depuis de nombreuses années.” Ah bon. Il a poursuivi : “Nous nous engageons à coopérer étroitement et en toute confiance pour faire des Jeux Olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026 un succès retentissant pour l’Italie et pour l’ensemble du mouvement olympique“.

A moins de quatre ans de l’échéance, Milan-Cortina 2026 n’aura pas seulement besoin de l’aide de Thomas Bach et du CIO pour éviter la sortie de route. Les organisateurs devront surtout pouvoir compter sur un soutien assumé et durable du gouvernement italien. Dans un pays où terminer un mandat gouvernemental tient souvent du miracle, le défi s’annonce de taille.

Depuis la passation du drapeau olympique, en février dernier à Pékin, Milan-Cortina n’a attiré dans ses filets que trois partenaires privés, Esselunga, Randstad et Deloitte Italia. Les retards s’accumulent dans la construction des sites. Pour au moins l’un d’eux, l’anneau de patinage de vitesse, il n’a toujours pas été décidé où il serait prévu.

Autre zone d’ombre : la désignation d’un nouveau directeur général au comité d’organisation. Le départ de Vincenzo Novari est acquis depuis plusieurs semaines, mais le nom de son remplaçant n’est toujours pas décidé. Il avait été convenu qu’il serait plus sage d’attendre la tenue des élections législatives pour procéder au choix final, le nouveau DG devant être adoubé par les autorités politiques.

L’échéance électorale désormais passée, le temps presse. Giovanni Malago l’a reconnu jeudi, après l’entrevue avec Gorgia Meloni : “L’absence de directeur général devient un problème urgent à régler“.