Candidatures

Pour le Mondial 2030, l’Amérique du Sud en appelle à l’histoire

— Publié le 29 juillet 2022

L’échéance peut sembler lointaine, mais les grandes manoeuvres ont déjà débuté. La candidature sud-américaine pour le Mondial de football en 2030 a avancé un nouveau pion, jeudi 28 juillet. Un pion décisif.

Comme pressenti depuis une réunion en juin dernier des quatre gouvernements, l’Argentine, l’Uruguay, le Paraguay et le Chili ont officialisé leur projet d’accueillir dans huit ans la Coupe du Monde du centenaire. A Asuncion, le mois dernier, le vice-président du Paraguay, Hugo Velazquez, avait confirmé la volonté des quatre pays de « relancer leur intention d’accueillir le Mondial 2030. » L’intention est aujourd’hui concrétisée par une annonce plus officielle.

Le projet sud-américain remonte à l’année 2017. Il était initialement porté par l’Argentine et l’Uruguay. Très vite, le Paraguay s’est joint à l’aventure. En février 2019, les trois postulants sont devenus quatre avec l’arrivée du Chili. La pandémie mondiale a ralenti leur marche, mais sans jamais les inciter à abandonner.

Avec leur candidature officielle, annoncée par la Fédération argentine de football (AFA), la candidature sud-américaine devrait rapidement prendre de la vitesse. Les détails précis du projet ne sont pas encore connus, notamment la répartition potentielle des stades, mais ils devraient être dévoilés dès le début du mois prochain.

En cas de victoire, le Mondial 2030 serait le premier de l’histoire à se dérouler dans quatre nations. L’édition 2026 marquera déjà un tournant, avec trois pays-hôtes, les Etats-Unis, le Mexique et le Canada, et une phase finale à 48 équipes. Pour la suivante, la FIFA pourrait encore bousculer ses habitudes.

A ce stade de la campagne, la tableau reste très flou. Deux questions, surtout, manquent encore d’une réponse claire.

La première concerne la décision finale de la FIFA. L’instance est censée annoncer le dossier vainqueur en mai 2024, soit six ans avant l’événement. Mais la complexité d’un possible Mondial dans quatre pays, avec 48 équipes qualifiées, pourrait conduire la FIFA à avancer son choix.

Autre inconnue, la concurrence. En plus du projet sud-américain, une autre candidature est déjà officielle. Elle est portée par l’Espagne et le Portugal. Les deux pays ne traînent pas en route. L’Espagne, notamment, a annoncé à la mi-juillet avoir pré-sélectionné quinze stades, une première liste qui sera réduite à onze dans les mois à venir.

Pour le reste, la concurrence manque de clarté. Déjà candidat à cinq reprises (1994, 1998, 2006, 2010 et 2026), sans jamais avoir connu le succès, le Maroc serait toujours prêt  tenter une nouvelle fois sa chance. Le fera-t-il seul ? En juin dernier, la rumeur a circulé dans les médias anglais et espagnols que le Maroc pourrait s’associer à l’Espagne et au Portugal, une option qui serait plutôt appréciée par Gianni Infantino.

Toujours en Europe, le projet à quatre de la Bulgarie, la Grèce, la Roumanie et la Serbie a fait un temps beaucoup parler de lui. Mais il n’a jamais été officiellement déposé. En février dernier, l’UEFA lui a asséné un coup sans doute fatal en expliquant vouloir soutenir un seul dossier européen, puis en expliquant dans la foulée qu’il serait celui de l’Espagne et du Portugal.

Le projet britannique, lui aussi, a été jeté aux orties. L’Angleterre et l’Irlande l’ont rayé de la liste en faisant le choix de se porter candidates à l’accueil de l’Euro 2028.

A moins de deux ans de la décision, voire moins si la FIFA optait pour un choix anticipé, la bataille qui se dessine devrait opposer le projet sud-américain au ticket Espagne-Portugal.

Face à la puissance économique du marché européen, l’Amérique du Sud entend jouer la carte de l’histoire. « Nous voulons vous rappeler que la première Coupe du Monde s’est déroulée en Uruguay en 1930, et que notre continent exporte les meilleurs joueurs du monde« , a insisté en juin dernier le vice-président du Paraguay, Hugo Velazquez. Suffisant ? Pas sûr.