— Publié le 25 juillet 2022

Pour Paris 2024, le chantier avant la célébration

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Curieux timing. Mardi 26 juillet, le COJO Paris 2024 célèbrera la date symbolique de J – 2 ans avant le début des Jeux olympiques (26 juillet au 11 août). Il marquera le coup par la révélation du slogan des Jeux, mais aussi du calendrier des compétitions et de la billetterie du rendez-vous olympique.

Mais, hasard ou pas, cette série d’annonces d’une portée très internationale sera précédée ce lundi 25 juillet par une “réunion de chantier” organisée à l’Elysée, à la demande d’Emmanuel Macron. Elle rassemblera, autour du président de la République, une dizaine de ministres concernés par la préparation des Jeux de Paris 2024.

La réunion de ce lundi, annoncée comme un “point d’étape“, n’est pas censée marquer une reprise en mains du gouvernement. Elle pourrait même se révéler assez lisse, sans décision majeure ni changement radical. La liste des invités aurait même été réduite aux seuls ministres et services de l’Etat concernés. Bruno le Maire (Economie), Gérald Darmanin (Intérieur), Sébastien Lecornu (Défense), Pap Ndiaye (Education nationale), Amélie Oudéa-Castéra (Sports et Jeux olympiques et paralympiques) sont attendus. Côté COJO, Tony Estanguet sera également de la partie.

Un “point d’étape“, donc, rien de plus. Mais il intervient au moment ou deux rapports successifs pointent les risques budgétaires et les difficultés à venir pour le comité d’organisation. Au point de risquer de brouiller le message préparé par le COJO pour la date de J – 2 ans, avec l’annonce du slogan et la révélation du calendrier des épreuves et de la billetterie.

Chronologiquement, le premier des deux rapports a été rédigé par le comité d’audit de Paris 2024, un groupe d’experts indépendants dirigé par Jacques Lambert. Présenté lors du dernier conseil d’administration du COJO, le 12 juillet, le document de 52 pages avait été dévoilé dans ses grandes lignes lors d’un point presse peu avant la réunion du conseil. Le COJO avait insisté sur les aspects les plus positifs de l’analyse, mettant en avant “un dispositif structuré et performant de pilotage et de maîtrise des dépenses”. Cool.

Mais le contenu du rapport se révèle en réalité moins positif. L’Equipe rapporte notamment les craintes budgétaires pointées par Jacques Lambert et son équipe du comité d’audit. En tête de liste, des “besoins de financement de l’organisation, tels qu’ils sont actualisés de façon brute par les départements opérationnels, nettement supérieurs aux possibilités qu’offrent ensemble les revenus et la réserve pour aléas.”

Le rapport estime qu’il faudra attendre l’automne pour connaître “l’ordre de grandeur exact du risque budgétaire résiduel auquel est exposé” le COJO. Il estime que le risque en question “justifiera à n’en pas douter des décisions fortes et courageuses.” En clair, un nouveau plan d’économies, mais aussi des discussions avec le CIO pour obtenir un allègement du cahier des charges.

Toujours selon le rapport du comité d’audit, le montant des recettes de merchandising, fixé à un objectif de 127 millions d’euros, pourrait se révéler difficile à atteindre. Enfin, le document souligne noir sur blanc les risques liés au dispositif de sécurité. La filière de sécurité privée, appelée à être massivement sollicitée pendant les Jeux, représente “le risque le plus fort, à la fois opérationnel et budgétaire, auquel le budget de la sécurité de Paris 2024 est présentement exposé.”

Autre rapport, censé être encore confidentiel mais divulgué la semaine passée par Le Canard Enchaîné : un document  provisoire de la Cour des Comptes sur la sécurité des Jeux de Paris 2024. Il recense plusieurs sujets d’inquiétude, dont la sécurisation de la cérémonie d’ouverture sur la Seine, avec un public attendu de 600 000 personnes, la pénurie possible d’agents de sécurité privée, les risques terroristes et de cyberattaques.

La Cour des Comptes estime que le COJO doit encore travailler le dossier. Son rapport suggère qu’une “définition plus précise des besoins sécuritaires devient urgente“.

A l’Elysée, ce lundi 25 juillet, la “réunion de chantier” voulue par Emmanuel Macron ne devrait pas manquer de sujets. En plus des inévitables questions budgétaires et de sécurité, les dossiers transport, emploi, héritage et mobilisation devraient également être abordés.

Plus tard dans la journée, Tony Estanguet fera face à la presse, au siège du COJO à Saint-Denis, pour un “micro tendu” après l’annonce du slogan, du calendrier des Jeux olympiques et de la billetterie. Pas sûr que toutes les questions portent seulement sur ces trois sujets.