— Publié le 30 juin 2022

Dans le tennis, le COVID-19 et la loi du silence

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Le revoilà. A Wimbledon comme dans le peloton cycliste, le COVID-19 fait une nouvelle fois parler de lui. Il n’était pas attendu. Mais sa nouvelle poussée de croissance a des effets inédits.

Depuis le début de la semaine, la crise sanitaire alimente l’actualité sur le gazon de Wimbledon. Deux des principaux favoris du tournoi londonien, le Croate Marin Cilic et l’Italien Matteo Berrettini, ont dû mettre les pouces, contraints à renoncer après avoir été testés positifs.

Plus inattendu, les cas de COVID-19 délient les langues parmi les joueuses, actuelles ou passées. La Française Alizée Cornet (photo ci-dessus), n°37 mondiale, a fait sensation en conférence de presse, mardi 28 juin, après sa qualification pour le deuxième tour du simple. Interrogée sur les cas positifs de Marin Cilic et Matteo Berrettini, elle a assuré que le dernier tournoi de Roland-Garros avait été durement touché par la pandémie.

A Roland-Garros, il y a eu une épidémie de COVID, personne n’en a parlé, a-t-elle confié devant les médias. Dans les vestiaires, tout le monde l’a eu et on n’a rien dit. Après, j’ai vu des filles porter des masques, peut-être parce qu’elles savaient et ne voulaient pas le refiler. Il faut aussi avoir un esprit civique.

Alizée Cornet n’a pas cité de noms. Mais elle a ajouté, toujours en conférence de presse : “Il n’y a pas de psychose. On a payé le prix, on a mangé notre pain noir avec un an de bulles et de tests. On s’est tous fait vacciner. Il faut être cohérent sur la façon de procéder. Le Covid fait partie de nos vies désormais. On ne va pas s’autotester pour se mettre dans la merde !”

Plus tard dans la journée, la n°1 française a fait marche arrière sur les réseaux sociaux. “J’ai dit que je soupçonnais quelques cas de COVID pendant Roland-Garros, sans avoir aucune preuve, a-t-elle écrit dans l’espoir d’éteindre le feu allumé par ses déclarations. C’était avant tout pour souligner que le virus faisait désormais partie de nos vies et qu’il fallait faire avec.

Selon l’AFP, citant “une source proche du Grand Chelem parisien“, seulement trois cas de COVID-19 ont été recensés lors du dernier tournoi de Roland-Garros. Un seul, celui de la tenante du titre, la Tchèque Barbora Krejcikova, a été rendu public par la joueuse elle-même.

Beaucoup de bruit pour rien, donc ? Pas sûr. Au lendemain des propos d’Alizée Cornet, une autre joueuse française, retirée des compétitions, a suggéré à son tour que la réalité du COVID à Roland-Garros avait été très éloignée de la version officielle.

Désormais consultante pour la chaîne BeIN, Tatiana Golovin a expliqué mercredi 29 juin que les joueuses tchèques “ont toutes eu le COVID et personne n’en a parlé.”

Retraitée des courts depuis 2009, l’ancienne numéro 12 mondiale n’a pas non plus cité de noms, mais elle a insisté : “Il y a eu beaucoup de cas, on n’en a pas parlé. On en parle maintenant à cause du cas Berrettini, mais il y a eu des cas à Roland et personne n’en a parlé”.

Réaction sans nuance de la Fédération tchèque de tennis, dont le porte-parole a expliqué à l’AFP : “Sa déclaration est si absurde qu’on a du mal à croire que quelqu’un ait pu tenir de tels propos et voulu dire ça. C’est complètement absurde“.

Les déclarations de Tatiana Golovin et d’Alizée Cornet le suggèrent : l’assouplissement des protocoles sanitaires, voire leur abandon pur et simple, ouvre la porte à toutes les interprétations. La Fédération française de tennis (FFT), organisatrice du tournoi de Roland-Garros, ne dit pas le contraire. Elle rappelle que le pass vaccinal ou sanitaire n’était plus requis lors de l’édition 2022. Et précise “ne pas être en mesure d’obliger qui que ce soit à faire un test”. Encore moins à en dévoiler le résultat.