— Publié le 2 mars 2022

Le mouvement olympique frappe la Russie aux jambes

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L’année 2022 n’a pas encore bouclé son premier trimestre, mais elle est déjà terminée pour l’immense majorité des athlètes russes et biélorusses. Ils peuvent ranger leurs tenues et leurs sacs de voyage. Le mouvement sportif international ne veut plus les voir se pointer à ses événements.

Depuis lundi 28 février et la “recommandation” de la commission exécutive du CIO aux fédérations et organisateurs d’événements de bannir les athlètes russes, les instances internationales annoncent les unes après les autres la nature de leurs sanctions. Elles s’avèrent souvent très radicales. Et visent en premier lieu les athlètes.

World Athletics a annoncé mardi 1er mars l’exclusion des compétiteurs russes et biélorusses. Pour les premiers, dont la fédération (RusAF) est suspendue depuis novembre 2015, le statut de neutralité n’est donc plus une option. Aucun athlète russe ne participera aux deux événements majeurs de la saison, les Mondiaux en salle à Belgrade (18-20 mars) et les championnats du monde en plein air à Eugene, dans l’Oregon (Etats-Unis), en juillet prochain. Pour cette deuxième compétition, World Athletics avait initialement autorisé la participation d’un maximum de 20 athlètes russes.

La Fédération internationale de basket-ball (FIBA) adopte la même attitude. Elle a annoncé l’exclusion des équipes russes de toutes ses compétitions.

Position identique pour World Rugby, l’ISU (patinage), la BWF (badminton), World Triathlon et l’ICF (canoë-kayak). World Rowing a suivi elle aussi le mouvement. L’instance de l’aviron a annoncé mardi 1er mars l’exclusion des rameurs, mais aussi des officiels, russes et biélorusses de ses compétitions. Elle précise également qu’il ne sera organisée aucune compétition internationale dans ces deux pays en 2022.

Dans un autre camp, un rien plus modéré, se rangent notamment l’UCI, la FINA et l’ITF. Les trois instances internationales ont annoncé leur lot de sanctions, mais sans fermer totalement la porte aux athlètes russes et biélorusses.

L’Union cycliste internationale a décidé que les équipes et/ou sélections nationales russes et biélorusses ne sont pas autorisées à participer, avec effet immédiat, à toutes épreuves du calendrier international. Le statut d’équipe UCI est retiré à toutes les formations de ces deux pays, dont Gazprom/RusVelo, la seule équipe russe du peloton professionnel. Enfin, toutes les épreuves russes et biélorusses sont rayées du calendrier international 2022, ainsi que les championnats nationaux des deux pays.

Mais l’UCI explique par ailleurs que les licenciés russes et biélorusses sont autorisés à participer aux épreuves du calendrier international avec leurs équipes respectives “pour autant qu’ils soient enregistrés auprès d’une équipe non russe ou biélorusse”. Ils peuvent également participer aux compétitions lorsque l’inscription individuelle est autorisée.

La Fédération internationale de tennis a choisi, elle aussi, une position médiane. La Russie est exclue de la Coupe Davis et de la Billie Jean King Cup (ex Fed Cup). Mais les joueurs russes, dont le n°1 mondial Daniil Medvedev, sont autorisés à disputer les tournois de l’ATP et de la WTA.

La Fédération internationale de natation (FINA) a annulé toutes ses compétitions sur le sol russe. Mais elle ne ferme pas la porte aux nageurs russes et biélorusses. Ils pourront participer aux compétitions sous bannière neutre. La Fédération internationale d’escrime (FIE) se range dans le même camp. Les escrimeurs russes sont autorisés à prendre part aux épreuves internationales, mais sous couvert de neutralité.

A ce stade du conflit, une poignée d’instances internationales n’ont pas encore publiquement annoncé la nature des sanctions qui pourraient frapper les athlètes. Parmi elles, trois sports où la Russie pèse d’un poids certain, politiquement et/ou sportivement : la gymnastique (FIG), le judo (IJF) et la boxe (IBA).

Le CIO, de son côté, ne met pas les athlètes et les officiels russes dans le même panier. Etrange. Malgré son appel à exclure les sportifs russes des compétitions, l’instance olympique ne sanctionne pas ses quatre membres venus de Russie.

Shamil Tarpishchev, entré au CIO en 1994, et l’ex perchiste Yelena Isinbayeva, membre de la commission des athlètes depuis les Jeux de Rio 2016, sont toujours dans la place. Les deux membres honoraires russes, Vitaly Smirnov et l’ancien nageur Alexander Popov, conservent également leur position. Difficile à comprendre.