— Publié le 20 octobre 2021

Aux Jeux de Paris 2024, le plaisir sera dans l’assiette

Événements Focus

Un nouveau nom est venu s’ajouter, cette semaine, à la liste des partenaires du COJO Paris 2024. L’entreprise française Sodexo rejoint l’aventure olympique et paralympique en qualité de supporteur officiel, le troisième niveau du programme national de marketing. Sa filiale dédiée aux événements sportifs, Sodexo Live!, a décroché le marché de la restauration au village des athlètes.

L’enjeu n’est pas mince. Pendant cinq semaines, Sodexo Live! devra proposer jusqu’à 40 000 prestations quotidiennes pour les 14 850 athlètes des 206 délégations olympiques et 182 délégations paralympiques. L’entreprise mobilisera un millier de ses collaborateurs. Son directeur général, Franck Chanevas, a répondu aux questions de FrancsJeux.

FrancsJeux : Vous êtes déjà présents sur le Tour de France et sur le tournoi de Roland-Garros, notamment. Les Jeux de Paris 2024 représentent-ils un événement réellement à part ?

Franck Chanevas : Les Jeux sont uniques. Les valeurs de l’olympisme y sont très présentes. La nature et la composition des délégations sont très différentes que pour un Tour de France, par exemple, où nous avons affaire à des équipes professionnelles. L’approche est moins mercantile. A Paris 2024, le village va accueillir près de 15 000 athlètes, entre les Jeux olympiques et paralympiques, sur une période relativement courte. Le village ne sera pas seulement un hébergement, pour toutes ces délégations, mais un lieu de vie.

Quelle différence cela fait-il pour la restauration au village ?

Nous allons devoir répondre à une double attente : une alimentation parfaitement adaptée aux exigences du sport de haut niveau, et une restauration plaisir. Au village, les athlètes vivent, se détendent, célèbrent leurs performances… Les repas ne sont pas seulement le moment de se nourrir. Ils sont parfois plus. C’est pour répondre à cette double attente que nous avons fait appel à quatre chefs. Trois seront affectés au village proprement dit, le quatrième travaillera sur le paquebot que nous prévoyons d’installer sur une berge, face au village. Avec eux, nous allons proposer aux athlètes une cuisine inventive, gourmande et culturelle.

Quel rôle jouera ce paquebot dans le dispositif du village des athlètes ?

Il s’agira d’une première dans un village olympique. Elle répond à notre volonté de proposer aux athlètes un peu plus que seulement une alimentation classique de ressourcement. Le paquebot sera aménagé en une brasserie à la française, avec 250 places assises. Il offrira une cuisine plaisir, un lieu de détente, pour venir fêter une performance par exemple.

La restauration des sportifs de haut niveau a-t-elle beaucoup évolué au cours des dernières années ?

Elle s’est beaucoup professionnalisée. Les clubs et les organisations sportives accordent une importante grandissante à la nutrition. Elle devient un outil de la performance. Pour répondre à leurs attentes, nous avons entrepris depuis plusieurs années un travail en profondeur, nous avons affiné notre expertise. Aujourd’hui, quand nous présentons notre offre à une organisation sportive, nous raisonnons en termes de performance.

Les Jeux d’été rassemblent 206 délégations, et donc presqu’autant de cuisines. Allez-vous proposer aux athlètes un choix aussi universel ?

Non. Il n’est pas possible de proposer et livrer 206 cuisines différentes. Mais, avec nos chefs, nous allons confectionner une cuisine du monde. Elle sera inventive, plurielle et culturelle.

Les menus seront-ils identiques du premier au dernier jour des Jeux ?

Non. Nous avons prévu une grande rotation des menus. Mais la diversité ne viendra pas seulement de l’offre de plats. Nous allons également diversifier les modes de restauration. Les athlètes pourront se rendre à la cafétéria, ou à la brasserie du paquebot. Ils auront aussi la possibilité de choisir une formule de “grab and go”, pour ramener une salade, un sandwich ou un entremet, par exemple.

A la différence des sites de compétition, vous n’aurez pas de test-event au village pour roder et éprouver votre dispositif. Comment vous y prendrez-vous pour être certains d’être prêts à l’ouverture du village des athlètes ?

Dans notre offre, nous avons respecté les engagements de Paris 2024, son ADN, en termes de durabilité, d’héritage et de transmission. Le COJO privilégie les sites existants. Nous aussi. Nous n’allons donc pas construire une cuisine au village qui ne fonctionnerait que le temps des Jeux olympiques et paralympiques, soit seulement quelques semaines. Notre parti pris est d’optimiser les infrastructures de Sodexo et ses outils de production, déjà existants mais souvent sous-employés à cette époque de l’année. Nous livrerons la restauration, ce qui est l’aspect le moins compliqué du dispositif. Nous n’aurons donc pas besoin de roder et tester un équipement neuf et complexe.