— Publié le 7 juillet 2021

Luc Tardif : “Je ne voulais pas rester en salle d’attente”

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Une page de l’histoire du hockey sur glace sera bientôt tournée. Une page aux nombreux paragraphes. René Fasel, 71 ans, rendra au mois de septembre les clefs de son bureau de président de la fédération internationale (IIHF). Elu pour la première fois en 1996, le Suisse quittera son poste après un quart de siècle aux manettes.

Pour le remplacer, cinq candidats se pressent à l’entrée de la patinoire. Cinq hommes, tous issus du continent européen : le Danois Henrik Bach Nielsen, le Tchèque Petr Briza, le Biélorusse Sergej Gontcharov, l’Allemand Franz Reindl, le Français Luc Tardif. Tous sont membres du Conseil de l’IIHF. Trois d’entre eux, Luc Tardif, Petr Briza et Franz Reindl, ont joué au hockey sur glace au niveau professionnel, avant de se lancer dans une carrière de dirigeant.

Actuel trésorier de l’instance internationale, président de la Fédération française de hockey sur glace depuis sa création en 2006, Luc Tardif a été le dernier à se déclarer. Mais il pointe parmi les favoris. Il a répondu aux questions de FrancsJeux.

FrancsJeux : Pourquoi avoir décidé de vous lancer dans la course à la présidence de l’IIHF ?

Luc Tardif : Je n’étais pas partant au départ. Mais j’ai été sollicité pour me porter candidat. J’ai accepté car je siège au Conseil de l’IIHF depuis 2012, j’en suis le trésorier, tout en étant également membre du comité exécutif. Je crois avoir l’expérience pour remplacer un président en place depuis 25 ans. Je peux assurer la continuité sans provoquer de secousse, tout en affirmant mon ambition, notamment en termes développement. Je connais bien l’outil et le fonctionnement de notre organisation. J’ai participé aux nombreuses et importantes décisions prises au cours des deux dernières années, après l’annulation du Mondial 2020 en Suisse et le transfert à la Lettonie des matchs du Mondial 2021 initialement attribués à la Biélorussie. Nous avons surmonté ces épreuves tout en préservant la santé financière de l’IIHF. Pour cette campagne pour la présidence, je ne voulais pas rester en salle d’attente. Je voulais être acteur.

Quel est le thème majeur de votre campagne ?

L’équilibre. L’IIHF est la seule fédération internationale à organiser un championnat du monde tous les ans dans toutes les catégories. Le Mondial A est notre produit phare. Il nous permet de financer toutes les autres compétitions. Nous devons en maintenir la qualité, voire l’améliorer, tout en poursuivant le développement du hockey sur glace à travers le monde. L’IIHF compte actuellement plus d’une centaine de membres. Nous devons encore augmenter ce nombre, notamment en Asie, où la succession des Jeux d’hiver de PyeongChang 2018 et Pékin 2022 peut contribuer à développer la pratique et l’intérêt du public. Un autre pilier de mon programme est le développement durable. Grâce à la technologie, nous avons considérablement réduit l’impact carbone des patinoires. Nous devons rester à la pointe du progrès technique, pour proposer du hockey de très haut niveau tout en répondant aux exigences de durabilité.

Une campagne pour la présidence d’une fédération internationale exige des moyens importants. En avez-vous assez pour espérer l’emporter ?

Il faut des moyens, c’est évident. Mais l’IIHF reste une fédération modeste. En plus, la crise sanitaire a réduit les possibilités de voyage depuis plus d’un an. La campagne se révèle donc moins coûteuse. Je dispose de l’aide apportée par le comité olympique français (CNOSF) aux dirigeants qui souhaitent se lancer dans une candidature internationale. Elle concerne notamment les outils de communication.

Les cinq candidats à la présidence de l’IIHF sont tous des hommes, issus d’un pays européen, déjà membres du Conseil et anciens hockeyeurs de haut niveau pour trois d’entre eux. Qu’est-ce qui vous distingue de vos quatre rivaux ?

La position de la France. Nous sommes au milieu de la balance, pour avoir été un pays en développement avant d’accéder au haut niveau. En ma qualité de dirigeant français, je peux incarner le nécessaire équilibre dont l’IIHF aura besoin pour poursuivre sa progression. Mais, quel que soit le vainqueur de l’élection, nous aurons à l’avenir un fonctionnement plus collégial. Nous en avons déjà parlé entre nous, les candidats, nous sommes tombés d’accord sur cette question.

En sa qualité de président sortant mais non candidat à sa réélection, René Fasel jouera certainement un rôle pendant la campagne. Quelles relations entretenez-vous avec lui ?

J’ai travaillé avec lui depuis mon entrée au Conseil de l’IIHF. Il m’avait demandé de me présenter. Il m’a ensuite confié le rôle de trésorier. Si je suis élu, je m’appuierai sur son héritage. Je n’étais peut-être pas le candidat favori, mais je saurais faire preuve de loyauté, tout en affirmant mon autonomie.