— Publié le 17 juin 2021

Aux Jeux de Tokyo, les athlètes pourront être sanctionnés

Événements Focus

Il était temps. A cinq semaines et quelques poignées d’heures de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Tokyo, les athlètes en savent désormais un peu plus sur l’allure que prendra leur séjour au Japon pour le rendez-vous olympique. Certes, toutes les questions n’ont pas encore leur réponse. Et le flou va sans doute durer jusqu’au dernier moment. Mais la troisième – et dernière – version du guide pratique (playbook) à l’usage des participants, publiée cette semaine par le CIO et le comité d’organisation, lève un nouveau coin du voile.

Principale nouveauté : les sanctions. Christophe Dubi, le directeur des Jeux olympiques au CIO, l’a confirmé en visioconférence depuis Tokyo, où il est arrivé en début de semaine : les infractions aux règles (l’instance olympique préfère parler de “non-conformité“) seront passibles de sanctions. Elles seront traitées par une commission disciplinaire du CIO. Elles s’annoncent sévères.

Le catalogue se révèle complet, depuis l’avertissement, l’exclusion temporaire ou permanente des Jeux, le retrait de l’accréditation, la disqualification, jusqu’à d’éventuelles sanctions financières. Les athlètes devront marcher droit.

Christophe Dubi l’a expliqué : “La commission disciplinaire peut prendre un certain nombre de mesures. Nous n’allons pas spéculer sur tel ou tel cas, en imaginant la sanction qui pourrait être appliquée, mais cela sera son rôle. Espérons seulement qu’elle aura très peu de travail.”

Autre chapitre de la nouvelle version du guide pratique, lui aussi très attendu : les tests de dépistage du COVID-19. Rien de très nouveau, les deux premières versions ayant largement déblayé le terrain. Mais le processus est désormais plus précis.

Les athlètes et les officiels seront soumis à un test de dépistage quotidien, effectué de manière salivaire. En cas de résultat positif, un deuxième test sera opéré à partir du même échantillon. Les résultats devraient être confirmés dans les 12 heures.

En cas de résultat encore positif, ou jugé non concluant, un test PCR nasal sera effectué, avec un résultat connu entre trois et cinq heures après le contrôle.

Hidemasa Nakamura, le directeur des opérations, l’a expliqué : “Si nous rencontrons des cas positifs, nous demanderons aux personnes infectées de se soumettre à un nouveau test, mais dans une clinique de quarantaine spécialement installée pour les Jeux olympiques.” Une zone de quarantaine sera mise en place au sein même du village.

Pour les autres accrédités, dont les officiels et les médias, le dépistage sera moins régulier. Passé les trois premiers jours, où il sera quotidien, la fréquence des tests sera d’un tous les quatre ou sept jours, selon la fonction au sein des Jeux, et plus encore le niveau de contact avec les athlètes.

Enfin, dernière annonce pour ces Jeux de Tokyo de plus en plus inédits : un compétiteur contraint de renoncer à disputer une finale, pour la médaille d’or ou de bronze, en raison d’un test positif au COVID avant la rencontre, ne perdra pas tout. Kit McConnell, le directeur des sports du CIO, l’a précisé : “Il recevra la récompense minimale qu’il aurait pu obtenir. En cas de finale à deux, il recevrait la médaille d’argent. »

Mais, précision d’importance, l’épreuve serait maintenue, la place libérée étant attribuée à “l’athlète éligible le mieux placé”. Dans un tel scénario, le CIO serait amené à distribuer plus de médailles que prévu, le finaliste battu partageant la médaille d’argent avec l’athlète ayant été contraint de renoncer pour raisons sanitaires.

Une telle démarche pourrait concerner certains sports de raquettes, dont le tennis, le badminton et le tennis de table, dont les finales sont programmées au plus tôt le lendemain des demi-finales. Elle pourrait également s’appliquer aux sports collectifs. « Suivant le niveau de la compétition, une équipe de remplacement pourrait prendre la place laissée libre, par exemple pour un quart ou une demi-finale”, suggère Kit McConnell.

Pas question, en revanche, d’imaginer une telle option en judo ou en escrime, deux sports où la compétition se dispute sur une seule et même journée pour chaque catégorie de poids ou arme.

La troisième version des “playbooks” a été publiée le 15 juin pour les athlètes, puis le 16 juin pour les diffuseurs et les représentants de la presse. Elle sera mise en ligne vendredi 18 juin pour les partenaires et les fédérations internationales. La famille olympique et le personnel des Jeux devront attendre le 22 juin.