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“L’incertitude est ingérable, mais le risque peut être mesuré”

— Publié le 14 janvier 2021

Christian Milz

Suisse

Directeur général de l’Association européenne d’athlétisme (European Athletics)

 

Son parcours professionnel débute par une spécialité suisse, la banque, avant de bifurquer vers le mouvement sportif. Après un Master en économie, Christian Milz consacre les 13 premières années de sa carrière au secteur bancaire, entre Zurich et New York. Le sport est sa passion, mais les opportunités restent rares. Un client de sa banque, le directeur d’IMG Suisse, lui met finalement le pied à l’étrier en lui proposant la direction du département des droits marketing et de télévision. L’expérience dure 6 ans, pendant lesquelles il découvre au sein d’IMG Suisse l’univers du ski alpin et nordique, du golf, des courses hippiques et de l’aviron. En 2005, il rejoint l’Association européenne d’athlétisme comme directeur général. L’instance continentale compte aujourd’hui 25 salariés. Elle possède son propre immeuble à Lausanne, la capitale olympique.

1) Depuis vos débuts professionnels, quelle a été l’expérience la plus marquante de votre parcours ? 

Christian Milz : La première remonte quelques années en arrière, avec le passage d’un président à un autre à European Athletics. Pendant 10 ans, j’ai travaillé avec le Suisse Hansjörg Wirz. Puis, en 2015, le Norvégien Svein Arne Hansen lui a succédé. Il s’est tout de suite révélé très différent, en me laissant une grande marge de manoeuvre et beaucoup d’autonomie. Cette période m’a marqué car elle m’a donné l’opportunité de mettre à profit toute l’expertise apprise dans le secteur bancaire. La deuxième expérience est indiscutablement l’année 2020. La crise sanitaire nous a obligés à nous réorganiser, à mettre en place des nouveaux modèles économiques et de travail. Cette année a également été marquée par deux malheurs pour notre instance, les disparitions successives du président, Svein Arne Hansen, et de l’Allemand Frank Hensel, notre ancien vice-président (2015 à 2019).

2) Comment appréhendez-vous, dans votre fonction au sein de European Athletics, la situation économique actuelle et l’incertitude des mois à venir ? 

Les derniers mois, depuis le début de la crise sanitaire, nous inculqué une leçon : l’incertitude étant ingérable, il faut la laisser de côté. En revanche, le risque peut être mesuré. La situation actuelle nous a conduits à retravailler notre budget, afin de pouvoir présenter quelque chose de concret et pertinent à nos membres décisionnaires. Nous nous sommes également beaucoup rapprochés des entités avec lesquelles nous travaillons en confiance : World Athletics, bien sûr, mais aussi nos partenaires, dont Spar et Le Gruyère, l’Eurovision, et naturellement nos 50 fédérations nationales membres. Nous avons aussi cherché à nous montrer créatifs, en proposant des contenus originaux, dont une série sur les plus grands moments des 50 ans de l’athlétisme européen.

3) Comment définiriez-vous la façon dont vous exercez votre rôle de dirigeant ?

En premier lieu, mon rôle de directeur général consiste à inspirer les salariés et les collègues de travail, à les encourager à travailler ensemble sur quelque chose de plus grand que nous-mêmes. Pour cela, il est important de comprendre les autres, d’aimer les autres, mais aussi de penser à leur développement. Il faut aussi se montrer positif dans les situations difficiles, trouver du positif, aller chercher les solutions. Mais un directeur général doit aussi conserver la responsabilité de la décision finale. Il doit l’assumer, qu’elle se révèle bonne ou moins bonne.

4) Quelles sont les trois valeurs les plus importantes à vos yeux dans votre activité professionnelle ?

L’enthousiasme, la loyauté et la capacité d’écoute. Mais je pourrais également citer l’empathie, le travail d’équipe, et enfin la capacité à prendre des décisions et en assumer les conséquences.