— Publié le 31 décembre 2020

Sans la pandémie, les Jeux de Tokyo auraient cuit sous le soleil

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La crise sanitaire et le report des Jeux de Tokyo ont repoussé le sujet de plusieurs rangs. Il était d’actualité, il ne l’est plus. Mais la question des conditions climatiques dans la capitale japonaise pendant les épreuves olympiques, débattue à l’infini avant le début de la pandémie, se posera une nouvelle fois l’an prochain dans la perspective, présentée par le CIO comme une certitude, que les Jeux se déroulent aux dates annoncées (23 juillet au 8 août 2021).

Quel temps fera-t-il entre la fin du mois de juillet et le début du mois d’août ? Mystère. Mais une chose est sûre : il a fait chaud, et même très chaud, en juillet et août dernier, à la période où auraient dû se tenir les Jeux de Tokyo 2020. Les conditions ont souvent été extrêmes dans la capitale japonaise. Elles ont confirmé les craintes du CIO, des organisateurs et des experts en climatologie.

Le Japan Times a relevé les températures enregistrées dans Tokyo et ses environs entre le 23 juillet et le 8 août 2020. Le quotidien a également pointé les conditions météos souvent très inhabituelles constatées pendant la même période.

Première découverte : la saison des pluie a été anormalement longue cette année au Japon. Elle a été officiellement déclarée terminée le 1er août à Tokyo. Résultat : la première semaine initiale des Jeux olympiques aurait été perturbée par les averses. Le ciel a été couvert. Le taux d’humidité élevé, mais le temps souvent relativement doux.

Autre donnée : l’archipel n’a pas connu le moindre typhon pendant le mois de juillet, une première depuis l’année 1951. Cool.

Après le 1er août, et la fin de la saison des pluies, le thermomètre est monté d’un coup. Les prévisions de très fortes chaleurs, annoncées par les experts comme une menace sur la bonne tenue des Jeux, se sont vérifiées. Mardi 4 août 2020, le mercure a atteint 32 degrés à Tokyo, avec un taux d’humidité de 81%.

A la même période, soit au début de la deuxième semaine des Jeux, marquée notamment par les épreuves d’athlétisme au stade olympique, l’indice de température au thermomètre-globe mouillé (WBGT) s’est révélé plutôt alarmiste. Tenant compte non seulement de la température de l’air, mais aussi de l’humidité, du vent et du rayonnement solaire sur l’homme, il a atteint 31,9 degrés à 11 heures du matin le 4 août. Le lendemain, le même indice a encore grimpé, pour culminer à 32,5 degrés en fin de matinée. Au Japon, le ministère de l’Environnement recommande de cesser toute activité physique lorsque l’indice WBGT dépasse les 31 degrés.

Selon un spécialiste de la météo, Akira Mori, interrogé par le Japan Times, les autorités de santé publique ont émis une alerte canicule pendant la journée du 6 août 2020 dans la capitale japonaise. “Si les Jeux olympiques avaient eu lieu, de nombreux athlètes et spectateurs auraient été exposés à des changements soudains de température et d’humidité en passant rapidement des salles climatisées aux extérieurs chauds et humides, explique-t-il. Beaucoup d’entre eux seraient sans doute tombés malades.”

Dans le détail, les épreuves de triathlon auraient sans doute été parmi les plus affectées par les conditions météos. Prévues les 27, 28 juillet et 1er août au parc marin d’Odaiba, elles se seraient déroulées avec des températures pouvant atteindre 28 à 34 degrés, selon les jours, et un taux d’humidité de 60 à 93 %.

Les compétitions d’aviron, organisées au Sea Forest Waterway, auraient bénéficié de conditions clémentes en raison de leur programmation, en première semaine des Jeux. Mais les épreuves de canoë-kayak en course en ligne, sur le même site mais en deuxième semaine, auraient été chauffées à blanc par les rayons du soleil. Vendredi 7 août, avant-veille de la clôture, Tokyo a enregistré un pic à 31,9 degrés avec un taux d’humidité de 81 % à 11 heures. La même journée, la canicule aurait également perturbé les épreuves de pentathlon moderne, beach volley, hockey sur gazon et football, toutes disputées en extérieur, sur des sites à ciel ouvert.

En revanche, le choix du CIO de déplacer les deux marathons et les épreuves de marche à Sapporo, dans l’île d’Hokkaido, se serait avéré payant. Les températures ont oscillé entre 20 et 25,7 degrés les jours de compétitions.