— Publié le 5 octobre 2020

Entre Doha et Riyad, une bataille pas seulement sportive

Candidatures Focus

Ils seront deux. Seulement deux pays candidats à l’organisation des Jeux Asiatiques en 2030. Mais il n’en faudra pas plus pour donner à la bataille une dimension nettement plus politique que seulement sportive.

Le Qatar et l’Arabie saoudite sont entrés officiellement, dimanche 4 octobre, dans la course au deuxième événement multisport le plus important après les Jeux olympiques.

Les Qataris l’ont fait les premiers. Ils ont déposé dimanche leur dossier de candidature à l’Association des comités olympiques asiatiques (OCA), avant d’en informer la planète entière par un long communiqué de presse. Ils avaient déjà précédé le mouvement, au début du mois dernier, en révélant leur logo et leur slogan de campagne, « Your Gateway » (« Votre Passerelle »).

Les Saoudiens ont suivi de peu, en livrant eux aussi leur dossier de candidature avant l’heure limite du dimanche 4 octobre à minuit. Mais ils ont choisi une stratégie de campagne différente. Le comité de candidature de Riyad 2030 doit lancer sa course ce lundi 5 octobre par un décollage en mode virtuel, visible à partir de 11 heures locales sur YouTube. Les Saoudiens révèleront à cette occasion leur marque, leur concept et leur logo.

Entre les deux pays asiatiques, séparés par une frontière commune mais entrés au mois de juin 2017 en guerre diplomatique, la bataille ne sera pas seulement sportive. Elle s’annonce aussi politique.

Totalement isolé depuis plus de trois ans dans le Golfe persique, le Qatar a donné le ton, dimanche 4 octobre, en annonçant que la candidature aux Jeux Asiatiques en 2030 était « une priorité nationale. » Elle dépassera le seul cadre d’un événement sportif, pour tourner à la lutte de pouvoir dans la région.

Signe des temps : le Qatar se range dans le camp du low cost et de la durabilité. Il n’en a pas l’habitude. A la différence du Mondial 2022, pour lequel l’état du Golfe fait pousser dans le sable la quasi-totalité des stades du tournoi, le projet Doha 2030 promet d’utiliser des sites de compétition existants ou déjà prévus.

Explication du secrétaire général du comité olympique du Qatar, S.E. Jassim Rashid Al-Buenain : « Nous pensons que le moment est venu de trouver des solutions à faible risque, responsables et durables. Doha 2030 promet des Jeux peu coûteux mais de la plus haute qualité. »

Sur le papier, la bataille s’annonce peu équilibrée. A la différence de son rival, le Qatar a déjà organisé les Jeux Asiatiques, en 2006. Depuis, Doha a accueilli une liste d’événements sportifs internationaux assez longue pour supporter la comparaison avec n’importe quelle autre capitale mondiale. En tête de liste, les Mondiaux d’athlétisme l’an passé.

Mais la dimension politique de la campagne pourrait brouiller les cartes. Et la perspective d’une candidature de Doha aux Jeux d’été en 2032, déjà annoncée comme une quasi certitude par les dirigeants qataris, s’affiche elle aussi comme un facteur de division sur le continent asiatique. Le Qatar et l’Arabie saoudite sont également concurrents dans la course à l’organisation de la Coupe d’Asie de football en 2027.

La prochaine édition des Jeux Asiatiques d’été doit se dérouler en 2022 à Hangzhou, en Chine. La suivante est prévue quatre ans plus tard au Japon, dans les villes de Nagoya et Aichi.