— Publié le 25 août 2020

Au Japon, la crise sanitaire assèche les sports paralympiques

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L’image ne manque pas d’allure. Elle fera date. Lundi 24 août, les organisateurs des Jeux de Tokyo et le gouvernement métropolitain ont célébré la date symbolique de J – 1 an avant l’ouverture des Jeux paralympiques en donnant des couleurs à la capitale japonaise.

La tour Skytree, l’un des bâtiments les plus reconnaissables de la ville (photo ci-dessus), a été éclairée à partir de 20 heures en vert, bleu et rouge, les trois teintes du mouvement paralympique. Le rituel se répètera tous les soirs jusqu’au 31 août. Plusieurs sites de compétition, dont le complexe aquatique et la salle de basket-ball en fauteuil, ont eu droit à la même mise en scène. Sympa.

Au Japon, pourtant, la préparation des Jeux paralympiques prend depuis quelques mois une teinte plus sombre. L’argent manque. Les aides se raréfient. Les fédérations en sont réduites à faire les fonds de tiroirs. A en croire une enquête menée par le Mainichi Shimbun, plus de la moitié des fédérations nationales des sports paralympiques avouent manquer de ressources pour préparer leurs athlètes.

Le quotidien japonais a interrogé 26 fédérations. Vingt-cinq ont répondu à l’enquête. Résultat : 14 d’entre elles, soit 56 %, ont reconnu « manquer » ou avoir « tendance à manquer » de fonds pour préparer les Jeux paralympiques de Tokyo. Quinze organisations, soit 60 % du panel, ont confié que la crise sanitaire avait eu un impact « important » ou « assez important » sur leurs revenus, en raison notamment de l’annulation des compétitions.

La principale inquiétude du mouvement paralympique concerne le partenariat. Huit fédérations sur les 25 ayant répondu à l’enquête du Mainichi Shimbun s’attendent à une réduction du nombre de leurs sponsors privés en 2021.

La Fédération japonaise de paranatation compte actuellement 16 entreprises partenaires, mais elle anticipe déjà le départ de six d’entre elles à partir de l’an prochain. Perte sèche : 40 millions de yens, soit environ 320 000 euros.

La Fédération japonaise de judo handisport a écrit à 150 entreprises nationales pour leur proposer un accord de marketing dans la perspective des Jeux de Tokyo. A ce jour, elle a reçu seulement 40 réponses. A une exception, elles sont toutes négatives.

Depuis l’attribution à la capitale japonaise des Jeux de 2020, le mouvement paralympique japonais a changé de dimension. Les entreprises ont été nombreuses à se rapprocher du comité d’organisation, pour parrainer l’événement, ou à frapper au carreau des fédérations nationales handisports. Yuriko Koike, la gouverneure de la capitale, a répété sans lassitude que les Jeux de Tokyo ne seraient pas « considérés comme un succès sans des Jeux paralympiques réussis. »

Le message a été entendu. Mais depuis le début de la crise sanitaire, il ne l’est plus.