— Publié le 7 août 2020

Pour les Jeux d’été en 2032, le Qatar a réveillé la concurrence

Candidatures Focus

Hasard du calendrier ? Sans doute pas. Moins de deux semaines après l’annonce de la décision du Qatar de se lancer dans la course aux Jeux d’été en 2032, un autre potentiel candidat lève le doigt pour se faire entendre. L’Indonésie, l’un des premiers inscrits sur la feuille d’engagement, a répété cette semaine sa volonté d’accueillir l’événement, quatre ans après Los Angeles 2028.

Le géant asiatique, riche d’une population de près de 270 millions d’âmes, l’a fait par la voix du président de son comité national olympique (KOI), Raja Sapta Oktohari. « Le Qatar a écrit au CIO pour lui faire part de son intention de se joindre au processus de candidature la semaine dernière, a écrit le dirigeant dans un communiqué publié par le Jakarta Post. D’autres pays ont fait part de leur volonté d’accueillir les Jeux olympiques de 2032. Nous devrions en faire autant. »

L’intention exprimée par Raja Sapta Oktohari est claire : secouer la manche des autorités indonésiennes pour réveiller leurs ambitions olympiques.

Joko Widodo, le chef de l’Etat, avait profité de la venue au pays de Thomas Bach, à l’occasion des Jeux Asiatiques 2018 à Jakarta et Palembang, pour annoncer publiquement son souhait de se lancer dans la course aux Jeux en 2032.

En février 2019, le pays a formalisé son souhait par une lettre d’intention adressée à Thomas Bach. Mais depuis, le dossier indonésien a peu avancé. Seule annonce majeure, la décision de localiser la candidature à Jakarta, et non pas dans la future capitale, à construire à l’est de l’île de Bornéo, comme suggéré un moment.

En début d’année, les autorités de Jakarta ont annoncé leur décision de mettre leur candidature en pause, le temps de la crise sanitaire. Les Australiens du Queensland, annoncés favoris pour l’attribution des Jeux en 2032, ont pris la même décision. Pour un camp comme pour l’autre, elle a semblé logique et raisonnable.

Mais l’annonce du Qatar de se relancer dans une candidature, après ses échecs successifs pour les Jeux en 2016 et 2020, change la donne. Elle ne rajoute pas seulement un partant à la course. Elle force les autres à se manifester.

« Nous avons besoin d’un soutien solide du gouvernement, insiste Raja Sapta Oktohari en s’exprimant au nom du KOI. Depuis l’annonce de notre candidature, nous n’avons pas beaucoup avancé. Aucune décision n’a encore été prise pour renforcer notre ambition de recevoir les Jeux. Nous devons convaincre le monde que notre succès dans l’organisation des Jeux Asiatiques en 2018 est l’illustration de la capacité de l’Indonésie à organiser les Jeux olympiques. »

Officiellement, la course aux Jeux d’été en 2032 n’a pas encore débuté. Le CIO se refuse à dévoiler un calendrier,  répétant que l’attribution des Jeux d’hiver en 2030 sera prioritaire. Mais les postulants sont déjà nombreux.

En plus du Qatar, de l’Australie et de l’Indonésie, l’Inde et l’Allemagne se préparent. L’Argentine s’est également déclarée intéressée. La rumeur attribue à Shanghai la volonté de tenter sa chance. Enfin, une candidature commune des deux Corée ressort comme un serpent de mer à intervalles réguliers, au gré de l’évolution des relations entre les deux voisins.