— Publié le 29 juillet 2020

La Russie lâche l’athlétisme mais lorgne vers le rugby

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Le sport russe serait-il en train de changer de direction ? Après plusieurs décennies dédiées aux disciplines olympiques, il semble aujourd’hui délaisser les anneaux pour se tourner vers un terrain de jeu et d’influence moins traditionnel.

La Fédération russe de rugby a officialisé mardi 28 juillet, via un post sur son compte Twitter et un communiqué sur son site Internet, la décision du pays de se porter candidat à l’organisation de la Coupe du Monde masculine en 2027. Signe des temps : l’annonce intervient à quelques heures d’une réunion du Conseil de World Athletics, ce mercredi et jeudi 30 juillet, où le sort de l’athlétisme russe pourrait être scellé pour un long moment.

« Le Conseil suprême de la Fédération russe de rugby a créé le 24 juillet un comité chargé de préparer une candidature au Mondial de rugby en 2027, précise le communiqué. Les consultations préalables et nécessaires ont déjà été menées sous l’autorité du ministère des Sports. »

Le message est succinct, mais son contenu révélateur. La candidature de la Russie au Mondial 2027 a obtenu le feu vert du Kremlin, donc de Valdimir Poutine. Un président russe qui, dans le même temps, a brillé par son silence et sa passivité dans la lente descente aux enfers de l’athlétisme russe. A croire que les autorités de Moscou ont tiré un trait sur le premier sport olympique, pour désormais se concentrer sur une diplomatie sportive orientée vers les sports collectifs.

La procédure officielle de candidature au Mondial de rugby en 2027 devrait débuter en février 2021. La décision de World Rugby est attendue pour le mois de mai 2022.

Sur le papier, la Russie possède une chance infime de décrocher le pompon. Elle devra se frotter à un concurrent présumé intouchable dans une course à deux, l’Australie, dont le dernier Mondial de rugby organisé à domicile remonte à l’année 2003.

L’Australie a déjà lancé sa mécanique. Elle a constitué un comité de candidature et formé un conseil consultatif, où siègent plusieurs anciens Wallabies, dont John Eales, mais également quelques personnalités politiques et même, cerise sur le gâteau, l’influent John Coates, élu à la mi-juillet vice-président du CIO.

Face à l’Australie, la Russie apparaît aujourd’hui comme un modeste faire-valoir. Un timide outsider dont l’ambition pourrait être étouffée avant même le signal du départ.

La Russie est toujours menacée d’une exclusion pour 4 ans du mouvement sportif, recommandée en début d’année par l’Agence mondiale antidopage (AMA) après la découverte de manipulations dans les données du laboratoire de Moscou.

Les Russes ont fait appel de la sanction devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). La pandémie de COVID-19 a retardé pour un temps la procédure, mais sans l’envoyer aux oubliettes. Dans l’hypothèse où les juges du TAS confirment la recommandation de l’AMA, la Russie ne pourrait plus se porter candidate à l’accueil d’événements mondiaux. Son projet de recevoir le Mondial de rugby s’envolerait comme poussière.

En attendant, le feu vert accordé par le Kremlin au projet du rugby dessine une nouvelle direction pour le sport russe, amorcée par le Mondial de football en 2018.

World Rugby avait initialement décidé d’attribuer dès l’an prochain les éditions 2027 et 2031 du Mondial masculin. La crise sanitaire a repoussé l’échéance d’une année.