— Publié le 24 juillet 2020

Tokyo veut encore croire en sa flamme

Événements Focus

Les Jeux de Tokyo auront-ils lieu ? A une année pile de l’événement, Thomas Bach et le CIO le croient, ou au moins feignent-ils de le croire.

Le dirigeant allemand l’a répété une nouvelle fois, jeudi 23 juillet, à l’occasion d’une interview à distance depuis Lausanne sur la chaîne NBC, détentrice des droits de l’événement pour les Etats-Unis. Il a renouvelé sa confiance en l’avenir. Il a suggéré que les Jeux de Tokyo pourraient contribuer à “unifier le monde” après la crise sanitaire. Le discours est connu. Il ne changera pas.

Au Japon, le message se veut lui aussi porteur d’espoir. Mais les mots, et surtout les acteurs, se révèlent très différents. Pour célébrer en format réduit, et avec des dimensions modestes, la date de J – 1 an avant l’ouverture des Jeux de Tokyo, les organisateurs japonais ont dévoilé une vidéo tournée au stade olympique. Elle a été diffusée devant des tribunes vides, à 20 heures tapantes, heure du début présumé de la cérémonie d’ouverture, avec un bataillon de médias comme seuls témoins.

Sans présager de l’avenir, la vidéo réalisée par l’équipe de Tokyo 2020 donne le ton. Son titre : “Encore un an, encore un pas”. Elle annonce, sur le fond comme la forme, un événement olympique et paralympique sous le signe de l’émotion. Si la crise sanitaire le permet, les Jeux de Tokyo ne seront pas seulement simplifiés. Ils seront aussi dotés d’une charge émotionnelle encore jamais connue dans l’univers olympique. Les larmes couleront.

Preuve en a été apportée avec le choix de l’actrice principale de la vidéo diffusée jeudi 23 juillet. Rikako Ikee n’est pas la plus médaillée des athlètes japonais. A 20 ans, elle n’a encore jamais connu l’ivresse d’un podium aux Jeux. Son palmarès pèse malgré tout d’un bon poids, avec six médailles d’or aux Jeux Asiatiques en 2018.

Mais Rikako Ikee a ému le Japon en annonçant en février 2019, sur son compte Twitter, qu’elle souffrait d’une leucémie. Après un traitement de 10 mois, elle est sortie de l’hôpital en décembre dernier. Deux mois plus tard, elle a repris l’entraînement. Puis elle a replongé pour la première fois dans un bassin de natation le 17 mars 2020, après 406 jours sans nager.

Habillée de blanc à la façon d’une prêtresse grecque, Rikako Ikee a tenu avec des gestes prudents une lanterne de bronze contenant la flamme olympique. “Imaginez le monde dans un an : un monde dans lequel le rideau se lèvera sur les Jeux olympiques et paralympiques”, a déclaré la jeune Japonaise. Puis elle a conclu sa prestation avec ces mots : “Tokyo 2020 + 1, la flamme est encore en vie.”

Rikako Ikee a terminé son discours en pleurs. La cérémonie n’a pas duré plus de quinze minutes au stade olympique de Tokyo. Mais elle a donné le ton : simplicité et émotion.

Mauvais timing : les autorités japonaises avaient annoncé, un peu plus tôt dans la journée, le nombre de 366 cas de coronavirus recensés en 24 heures. A un an des Jeux, Tokyo a dépassé pour la première fois la barre des 300 cas en une seule journée.