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— Publié le 28 mai 2020

Pour les Jeux de Tokyo 2020, décision en octobre

Institutions Focus

Le CIO serait-il en train de se préparer aux grandes manœuvres ? A Lausanne, les observateurs n’en sont pas encore à guetter une fumée, noire ou blanche, au-dessus du siège de l’organisation. Mais certains indices laissent penser que l’organisation internationale se prépare à tout, y compris au pire.

Selon l’AFP, Thomas Bach a consacré le plus clair de sa journée du mercredi 27 mai à s’entretenir par visioconférence avec l’ensemble des membres du CIO. Il a débuté à 10 h en heure suisse la première d’une série de trois sessions de consultation. Les deux autres ont suivi plus tard dans la journée.

La centaine de membres a été répartie en trois groupes en fonction de leur langue et des fuseaux horaires. Thomas Bach était assisté, pour mener les débats et recueillir les avis des uns et des autres, de sa garde rapprochée : Christophe Dubi, le directeur des Jeux olympiques ; Kit McConnell, le directeur des sports ; Christophe De Kepper, le directeur général ; et Lana Haddad, la directrice des opérations.

Le directeur médical du CIO, Richard Budgett, aurait également pris la parole au cours de la journée. Il aurait évoqué la question du vaccin contre le COVID-19 et son impact sur la tenue des Jeux de Tokyo 2020.

L’objectif de la journée : recueillir le point de vue des membres sur « le processus de gestion des conséquences de la pandémie de coronavirus » et le report des Jeux de Tokyo 2020. Selon une source proche du dossier, citée par l’AFP, Thomas Bach souhaite entendre « les réflexions, les idées et les expériences de tous les membres à travers le monde. »

En soi, la démarche n’a rien de très surprenant. Thomas Bach consulte son monde. Il a multiplié les échanges avec les fédérations internationales, au cours des dernières semaines, pour connaître dans le détail leur situation financière et leurs éventuels besoins en trésorerie. Il sonde désormais les membres de l’institution. Logique.

Mais le timing interroge. Thomas Bach n’avait encore jamais consulté les membres du CIO depuis le début de la crise sanitaire. Il aurait pu attendre la prochaine session de l’instance, prévue le 17 juillet par visioconférence. Il a choisi de prendre les devants.

La raison ? En consultant l’ensemble des membres, sur la totalité du globe, Thomas Bach donne à sa démarche une dimension planétaire. Il rappelle à la famille olympique que la décision à prendre quant au maintien, ou à l’annulation, des Jeux de Tokyo devra répondre à des considérations universelles. Elle ne se jouera pas entre Lausanne et Tokyo. Elle devra impliquer la terre entière, à savoir les 206 comités nationaux olympiques.

Selon le Corriere dello Sport, la décision finale sur les Jeux de Tokyo 2020 pourrait intervenir nettement plus tôt que prévu. Le quotidien italien avance la date du mois d’octobre. Le CIO pourrait décider neuf mois avant l’événement de mettre un terme aux spéculations en annulant les Jeux de Tokyo.

Crédible ? Certainement. Citant un membre du CIO ayant souhaité conserver l’anonymat, le Corriere dello Sport révèle que le CIO se refuse à envisager des Jeux de Tokyo où « un seul athlète soit laissé à la porte. » L’institution olympique ne transigera pas : les conditions sanitaires devront pouvoir permettre à l’ensemble des délégations de participer à l’événement en toute sécurité. En clair, les Jeux de Tokyo se feront avec tout le monde, ou ils ne se feront pas.

A ce stade de la pandémie, il semble peu probable que le CIO obtienne une telle garantie dès l’automne prochain. Le scénario d’une annulation, désormais de plus en plus souvent évoqué au sein du mouvement olympique, se rapproche à grands pas.