— Publié le 13 décembre 2019

Pour le Mondial féminin 2023, la Corée met les pouces

Candidatures Focus

Le CIO peut être rassuré : la désaffection des candidatures ne frappe pas seulement le mouvement olympique. La FIFA est touchée elle aussi. Mais elle s’en sort avec moins de dégâts.

Après l’Afrique du Sud, un autre pays a retiré son projet de candidature au Mondial féminin de football en 2023. La Corée du Sud met à son tour les pouces. Elle ne se lancera pas dans la course au prochain tournoi planétaire, le premier de l’histoire disputé par 32 équipes.

La Fédération sud-coréenne de football (KFA) a annoncé aujourd’hui sa décision de retirer sa candidature. L’annonce intervient quelques heures seulement avant la date limite pour le dépôt des dossiers, fixée par la FIFA au vendredi 13 décembre 2019 à minuit.

La Corée du Sud a pourtant longtemps figuré dans le peloton des postulants à l’organisation du tournoi. Elle avait soumis sa candidature dès le mois d’avril dernier. A l’époque, elle laissait entendre que son dossier pourrait associer la Corée du Nord. Sur le papier, l’argument semblait de taille à écraser la concurrence par sa portée politique et diplomatique.

A en croire les médias sud-coréens, le projet d’une candidature commune a rapidement été abandonné. La KFA a expliqué, ce vendredi 13 décembre, que les discussions avec les autorités de Pyongyang n’ont jamais vraiment pu débuter. Le regain de tension dans la péninsule coréenne a mis un terme aux échanges intercoréens sous toutes leurs formes.

Malgré tout, la Corée du Sud souhaitait poursuivre l’aventure. Elle a musclé son dossier. Mais une nouvelle réglementation de la FIFA l’a contraint à renoncer.

En cause, la décision de l’institution internationale du football de superviser désormais directement l’organisation de ses événements majeurs. A partir de la Coupe du Monde féminine 2023, la FIFA englobera le comité d’organisation local au sein de sa propre entité en charge du tournoi mondial.

Avec cette nouvelle donne, tout sauf anecdotique, la FIFA s’octroie la maîtrise de tous les droits sur les revenus générés par la compétition. Seul ennui, mais de taille : la législation sud-coréenne prévoit que le gouvernement ou les autorités régionales peuvent percevoir des revenus sur les manifestations sportives organisées dans le pays.

La Fédération sud-coréenne de football (KFA) l’a expliqué ce vendredi : ses dirigeants ont évoqué la question avec la FIFA. Ils ont demandé un aménagement aux règlements. Mais l’instance internationale leur a répondu qu’il lui serait impossible de tolérer une exception pour la Corée du Sud.

Autre obstacle : les stades. La FIFA exige désormais des standards identiques pour les deux Mondiaux, masculin et féminin. Pas simple. En Corée du Sud, les stades de la Coupe du Monde 2002, co-organisée avec le Japon, ne seraient pas tous aux nouvelles normes en 2023.

Mais il serait difficile à la KFA d’obtenir la certitude que les autorités locales ou régionales financeraient leur rénovation, surtout sans avoir la moindre garantie d’un retour sur investissement grâce aux revenus issus du Mondial féminin.

Résultat logique : la KFA n’a pas réussi à obtenir l’accord du gouvernement sud-coréen, nécessaire au dossier de candidature.

Avec le retrait de la Corée, la course au Mondial 2023 est désormais réduite à cinq postulants : Australie et Nouvelle-Zélande, Argentine, Brésil, Colombie et Japon. En septembre dernier, ils étaient encore huit. Depuis, l’Afrique du Sud a renoncé, préférant reporter son ambition sur l’édition 2027. La Nouvelle-Zélande s’est associée à l’Australie. La Corée vient de rendre les armes.

Pour les Sud-Coréens, le coup est rude. Au-delà de la déception de devoir se retirer de la course, il met sérieusement en péril le projet d’une candidature des deux Corée aux Jeux d’été en 2032. Mais le pays devrait pouvoir se consoler avec l’organisation des Jeux d’hiver de la Jeunesse en 2024. A en croire les dernières déclarations du CIO, l’événement pourrait prochainement lui être confié.