Candidatures - 14/10/2019

En Indonésie, un nouveau meneur du jeu olympique

Les hommes changent, le projet reste. Une année après avoir organisé les Jeux Asiatiques, l’Indonésie continue à penser très fort aux Jeux d’été en 2032. Elle n’en fait pas mystère.

En février dernier, le président indonésien, Joko Widodo, a fait passer à Thomas Bach une lettre très officielle manifestant l’intérêt de son pays pour les Jeux en 2032. Elle était cosignée par Erick Thohir, le président du comité national olympique.

Depuis la fin de la semaine passée, Erick Thorir (photo ci-dessous, à droite) a rendu les clefs de son bureau. Il a été remplacé par Raja Sapta Oktohari (photo ci-dessous, au centre), 44 ans, un homme d’affaires de Jakarta, fils de l’un des dirigeants politiques les plus influents de sa génération.

Présenté en Indonésie comme un grand amateur de cyclisme (il en préside la fédération nationale) et de boxe (il organise des combats à ses heures perdues), le nouvel homme fort du sport indonésien a déclaré sa candidature au mois de septembre. Moins de trois semaines plus tard, il a été élu à la présidence du comité national olympique pour un mandat de 4 ans (2019-2023). Une affaire rondement menée.

A peine intronisé, Raja Sapta Oktohari a évoqué une candidature olympique. « Nous allons devoir nous battre pendant le processus de sélection, a-t-il expliqué au Jakarta Post. Je veux profiter de mon rôle de représentant de l’Indonésie la Confédération asiatique de cyclisme pour obtenir le soutien d’autres pays. » Il a également expliqué qu’il souhaitait profiter des Jeux de Tokyo 2020 pour lancer sa campagne de lobbying en faveur du projet olympique indonésien.

Commentaire de son prédécesseur à la tête du mouvement olympique, Erick Thorir : « J’espère que Raja Sapta Oktohari pourra servir de passerelle, non seulement pour les athlètes vers le mouvement sportif international, mais aussi pour le gouvernement. »

Possible. Mais le dossier indonésien ne part pas gagnant. Certes, l’Indonésie s’affiche comme l’une des prochaines grandes puissances en Asie, voire dans le reste du monde, avec sa population de 264 millions d’habitants et une croissance supérieure à 5% au cours des deux dernières années. Mais le déplacement annoncé de sa capitale de Jakarta à Bornéo soulève quelques inquiétudes.

Surtout, il semble peu probable que le mouvement olympique indonésien, et plus encore son nouvel homme fort, Raja Sapta Oktohari, soient de taille à trouver leur chemin dans le nouveau processus de sélection des villes hôtes.

Face à l’Australie, notamment, dont la tête de pont, John Coates, a piloté lui-même le processus de réforme des campagnes de candidature, l’équipe indonésienne risque de manquer d’expérience.

Thomas Bach l’a récemment expliqué : le choix de la ville-hôte des Jeux d’été en 2032 n’est pas encore d’actualité. Il n’interviendra pas avant, au plus tôt, l’année 2022. Il n’empêche, il faudra se montrer d’une grande habilité, et faire preuve d’un solide savoir-faire, pour trouver les bonnes cartes dans une processus de sélection où le flou voulu par le CIO autorise tous les scénarios.

A ce jeu, l’Australie s’impose comme la favorite, sous réserve que les autorités du Queensland donnent leur feu vert au projet porté par Brisbane. L’Inde, l’Argentine, l’Allemagne, les deux Corée et un attelage formé de l’Ukraine et la Biélorussie espèrent également se présenter sur la ligne de départ. Encore faudra-t-il que le CIO donne réellement le signal du départ. Rien n’est moins sûr.

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