Candidatures - 08/10/2019

Pour les Jeux en 2032, l’Europe penche vers l’est

L’affaire semblait pliée. Elle ne l’est peut-être plus. Présentée comme immense favorite, voire imbattable, dans la course aux Jeux d’été en 2032, l’Australie devra sans doute se défaire de quelques rivales avant de se couvrir des anneaux olympiques.

En fin de semaine passée, un nouveau potentiel concurrent a choisi de sortir du bois. Un dossier à deux têtes, porté par l’Ukraine et la Biélorussie. Sur le papier, il ne semble pas de taille à menacer sérieusement la belle allure de Brisbane et du Queensland. Mais rien n’est jamais tout à fait exclu dans l’univers olympique, la désignation de Pékin pour les Jeux d’hiver 2022 en est la dernière preuve.

Profitant d’un forum régional réunissant leurs deux pays, organisé en fin de semaine passée, le président de la Biélorussie, Aleksander Loukachenko, a étalé ses cartes. Il a suggéré que son pays serait nettement plus fort dans une éventuelle campagne de candidature aux Jeux s’il était associé à l’un de ses voisins, l’Ukraine.

« Je pense que nos deux états pourraient se porter candidats à l’organisation conjointe de grandes compétitions sportives internationales, a déclaré le président biélorusse, cité par l’agence de presse Belta. Je fais référence à la proposition du président ukrainien de présenter une candidature à l’organisation conjointe des Jeux olympiques. »

En juillet dernier, le président ukrainien, Volodymyr Zelenskiy, a sollicité le mouvement sportif national pour étudier la faisabilité d’une candidature aux Jeux. Elle pourrait être portée par Sergey Bubka, le président du comité olympique ukrainien, par ailleurs membre de la commission exécutive du CIO et premier vice-président de World Athletics (ex IAAF).

L’Ukraine avait tenté sa chance dans la course aux Jeux d’hiver en 2022. Mais l’incursion russe en Crimée l’avait conduit à retirer la candidature de Lviv en milieu de campagne. Un coup dur. Mais le pays n’a pas renoncé.

Crédible ? A ce stade, la réponse reste floue. Une chose est sûre : le CIO ouvre désormais la porte à une candidature conjointe de deux pays.

A en croire Aleksander Loukachenko, les relations étroites entre la Biélorussie et l’Ukraine pourraient favoriser un dossier commun. « Nous partagerons une culture slave, nos liens d’amitié sont anciens et solides », avance le chef de l’Etat. La capitale biélorusse, Minsk, a accueilli cette année la deuxième édition des Jeux Européens. Dans la foulée, elle a organisé la première rencontre Europe / Etats-Unis d’athlétisme.

Face au Queensland, dont les représentants ont déjà rendu visite à Thomas Bach au siège du CIO à Lausanne, le ticket Ukraine/Biélorussie ne pèse pas lourd. Mais l’Australie n’a pas encore officialisé sa candidature aux Jeux d’été en 2032. Elle s’écrit encore au conditionnel. La décision ne sera pas prise avant le début de l’année prochaine.

Surtout, Thomas Bach a insisté la semaine passée sur l’importance de prendre son temps. La commission exécutive du CIO a procédé, lors de sa dernière réunion, à la désignation des membres de ses deux nouvelles commissions, dédiées aux futures villes hôtes. Pour les Jeux d’été, elle sera présidée par la Norvégienne Kristin Kloster Aasen.

Thomas Bach en a profité pour souligner que les travaux des nouvelles commissions débuteraient par l’hiver, pour les Jeux en 2030. La question de l’été 2032 sera abordée dans un deuxième temps. Le dirigeant allemand a ainsi coupé court aux rumeurs annonçant déjà une décision favorable aux Australiens prise dès l’an prochain.

Dans un tel contexte, un attelage Ukraine/Biélorussie peut constituer une option. Les deux pays partent de très loin, leur projet s’annonce fragile et pourrait être plombé par la question des droits de l’homme. Mais ils ont le mérite de prendre déjà position.

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