— Publié le 21 août 2017

Au Cameroun, la CAN 2019 ne tient plus qu’à un fil

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Nouveau parfum de crise dans le football africain. La menace concerne cette fois le Cameroun, pays-hôte de la Coupe d’Afrique des Nations en 2019. A moins de deux ans de l’événement, son organisation se conjugue toujours au conditionnel. Beaucoup de “si”, une poignée de “peut-être”, mais pas la moindre certitude.

Ultime épisode: l’annulation au dernier moment, annoncée samedi 19 août, de la première mission d’inspection des futures infrastructures de la CAN 2019. La délégation d’experts et d’officiels de la Confédération africaine de football (CAF) devait séjourner au Cameroun du 20 au 28 août, avant de pondre un rapport sur l’état d’avancement des préparatifs. Elle n’a pas pris l’avion.

Motif invoqué:  le “désistement à la dernière minute du cabinet d’audit Price Watherhouse Coopers (PWC) qui devait accompagner la délégation”, a expliqué la CAF dans un courrier envoyé à la Fédération camerounaise de football. “Il a été décidé de reporter la visite d’inspection à une date qui sera communiquée ultérieurement”, précise la CAF. Plus tard, donc. Quand? Mystère.

Selon plusieurs sources, le désistement des experts de PWC aurait été motivé par des questions de sécurité. Le Cameroun n’aurait pas été capable de présenter des garanties quant à la bonne organisation de la visite d’inspection, et surtout la sécurité de ses membres.

En réponse à l’annonce de la CAF, le Cameroun s’est dit “entièrement disponible” pour recevoir la délégation sitôt qu’une nouvelle date sera fixée. Une réponse très diplomatique envoyée à la CAF par le ministre camerounais des Sports, et président du comité d’organisation, Pierre Ismaël Bidoung Kpwatt.

Ce retard n’est pas le premier. Depuis plusieurs mois, le doute s’est installé sur l’organisation au Cameroun de la CAN 2019. Début août, le nouveau président de la CAF, le Malgache Ahmad Ahmad, n’a pas fait dans la nuance en annonçant publiquement que le pays n’était “pas prêt” à accueillir l’événement.

“En l’état actuel des choses, aucun site au Cameroun n’est en mesure d’accueillir la CAN”, avait tranché le nouvel homme fort du football africain, allant même jusqu’à manier l’ironie en assurant que le pays ne pourrait même pas recevoir “quatre équipes”. Pour rappel, la CAF a décidé récemment de faire passer dès 2019 le nombre de participants de 16 à 24. Il a également été voté un changement au calendrier, le tournoi africain devant désormais se dérouler en début d’été (7 juin au 7 juillet 2019).

Réponse immédiate de Paul Biya, le chef de l’Etat: “Le Cameroun sera prêt le jour dit, j’en prends l’engagement.” Même ton catégorique de l’ancien président de la CAF, Issa Hayatou, battu par Ahmad Ahmad lors des dernières élections: “Il faut venir d’abord constater avant de sortir ce qu’il a sorti. A l’heure actuelle, le Cameroun a déjà cinq stades, on ne parle pas de ceux qui sont en train d’être construits. Personne ne peut dire que le Cameroun n’a rien fait. On peut compter le nombre de pays qui ont ce que nous avons là. Nous sommes en avance .”

Le défi s’avère immense. Le pays n’a plus reçu le tournoi continental depuis 1972. Son programme de construction et de réhabilitation de ses infrastructures sportives prévoit la mise à disposition de 7 stades pour la compétition et 25 terrains d’entraînement. Un ensemble d’installations qui, selon la Fédération camerounaise de football, sera livré au plus tard à la fin de l’année 2018.

Début août, Ahmad Ahmad a laissé entendre que la CAF pourrait sortir un plan B de ses tiroirs, quitte à relancer un appel à candidatures. Au Maroc, le message a été entendu. Candidate à l’organisation de la Coupe du Monde en 2026, la Fédération royale marocaine de football a déjà levé le doigt.