— Publié le 12 juin 2017

L’athlétisme, grand perdant du programme olympique

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Le CIO a fait le tri. Vendredi 9 juin, sa commission exécutive a soufflé sur la poussière du programme olympique. Il était temps. Le résultat ne laisse personne indifférent. Et pour cause, puisque les changements décidés lors de la réunion de Lausanne concernent 15 fédérations internationales. Une révolution, rien de moins.

A Tokyo, aux Jeux de 2020, le programme des épreuves fera la part belle aux femmes (48,8% des participants). Il fera une grande place à la mixité. Il s’offrira un sérieux coup de jeune, avec l’entrée du BMX freestyle et du basket-ball 3×3. Il taillera dans le gras, pour réduire de 285 le nombre d’athlètes présents aux Jeux. En même temps, prouesse de l’olympisme, il fera encore plus d’heureux en rajoutant 15 épreuves à médailles. Le plus avec le moins, en somme. Très fort.

A l’heure des comptes, la réforme du programme compte son lot de satisfaits. Mais elle enregistre aussi une poignée de victimes. Logique.

Les gagnants

  •  Le basket-ball. La FIBA peut se frotter les mains, elle a parfaitement réussi son coup. Avec 64 nouveaux athlètes, le basket n’est pas seulement le seul sport à gagner en effectifs. Il apparaît également comme le premier bénéficiaire du nouveau programme, avec l’entrée d’une discipline toute entière, le 3×3. Selon le CIO, elle est censée apporter aux Jeux une image plus “jeune et urbaine.” Sans doute. LeBron James a déjà avoué qu’il n’était a priori pas intéressé, mais même sans la présence de grands noms de la NBA, le tournoi de 3×3 s’annonce comme l’une des curiosités des Jeux de Tokyo 2020.
  • La natation. Sa présence sera moins importante, avec un quota d’athlètes en réduction de 22 unités. Mais la FINA se glisse pourtant dans le camp des vainqueurs de la réforme. Avec l’entrée du 800 m masculin et du 1500 m féminin,  hommes et femmes disputeront les mêmes épreuves pour la première fois dans l’histoire des Jeux. L’Américaine Katie Ledecky pourrait en profiter, avec dans son viseur un potentiel de 6 médailles d’or.
  • Le cyclisme. Brian Cookson, le président de l’UCI, a réussi son pari. Par un subtil jeu de transfert, le cyclisme a gagné des nouvelles épreuves (BMX freestyle, Madison), sans devoir en sacrifier une seule. En nombre de coureurs, sa participation reste égale à celle des Jeux de Rio 2016. Commentaire de Brian Cookson: “Je me félicite de voir quatre épreuves cyclistes supplémentaires intégrer le programme olympique. Avec 22 médailles d’or désormais en jeu, le cyclisme devient le troisième sport le plus important en termes de titres olympiques.”
  • Le rugby et le golf. Une victoire par ricochet pour les deux nouveaux entrés des Jeux de Rio 2016. La réunion de la commission exécutive du CIO ne les concernait pas a priori, mais ses membres ont décidé, contre toute attente, de prolonger le bail du golf et du rugby à 7. Les deux disciplines sont assurées de participer aux Jeux d’été en 2024, qu’ils aient lieu à Los Angeles ou à Paris. Initialement, leur présence était seulement acquise jusqu’en 2020. Un soulagement pour le golf, dont l’absence de plusieurs grands noms aux Jeux de Rio semblait menacer l’avenir olympique.

    Les perdants

  • L’athlétisme. Il reste le premier sport olympique en termes d’effectifs, mais sa part du gâteau a été sérieusement grignotée par la commission exécutive du CIO. Aux Jeux de Tokyo, le nombre d’athlètes sera en diminution de 105. A lui seul, l’athlétisme contribue donc pour plus d’un tiers à la réduction de l’ensemble des quotas pour les Jeux de 2020. L’IAAF n’a pas caché sa déception, à l’annonce du programme, pointant du doigt son obligation de revoir les critères de qualification aux prochains Jeux. Maigre consolation: l’entrée d’une épreuve mixte, un relais 4×400 m (photo ci-dessus), déjà présent aux championnats du Monde de relais.
  • L’haltérophilie. Coupe sombre pour le plus controversé des sports olympiques. Il est amputé d’une catégorie de poids toute entière, soit un total de 64 leveurs de fonte en moins. Brutal. Mais le pire est peut-être à venir: Thomas Bach a annoncé vendredi 9 juin à Lausanne que la fédération internationale (IWF) devrait présenter au plus tard en décembre prochain un plan antidopage sérieux et crédible. Dans le cas contraire, l’haltérophilie pourrait disparaître purement et simplement du programme des Jeux de Tokyo.
  • La lutte, le tir et la voile. A l’heure des rumeurs, ces trois sports ne semblaient pas les plus menacés. Au moment des comptes, ils font grise mine. La lutte voit son quota d’athlètes réduit de 56 places. Le tir et la voile en perdent chacun une trentaine. Les trois disciplines atteindront la parité hommes/femmes aux Jeux de Tokyo.