— Publié le 23 février 2017

Budapest hors Jeux, L.A. et Paris déjà finalistes

Candidatures Focus

Triste nouvelle. Pour l’équipe de Budapest 2024, pour le CIO, et plus largement pour l’ensemble du mouvement olympique. Contrainte à organiser un référendum sur sa candidature aux Jeux de 2024, la capitale hongroise a préféré mettre les pouces. Elle se retire de la course, laissant Los Angeles et Paris se disputer les voix des membres de l’institution olympique.

L’annonce du retrait de Budapest était dans l’air depuis la proclamation, dimanche dernier, des résultats de la pétition lancée par le Mouvement Momentum, un groupe politique d’opposition. En 30 jours, elle a recueilli 266 151 signatures. Il lui en fallait 138 000 pour forcer les autorités municipales à organiser une consultation populaire. Mardi 21 février, le patron de la candidature, Balazs Furjes, se montrait pourtant encore optimiste. Il annonçait une décision « dans les semaines à venir ». Il espérait profiter de ce délai pour « restaurer l’unité » autour du projet olympique.

Balazs Furjes et le reste de l’équipe de candidature n’iront pas plus loin. Zoltan Kovacs, le porte-parole du gouvernement, a confirmé à Associated Press la décision du retrait. Elle aurait été prise par le maire de Budapest, Istvan Tarlos, et par le Premier ministre, Viktor Orban. Les deux hommes devaient se rencontrer mercredi 22 février pour trancher définitivement la question. L’abandon de la candidature doit maintenant être formalisé par un vote de l’Assemblée municipale, mais son résultat ne fait aucun doute. Le parti au pouvoir, Fidesz, y possède une très large majorité.

Pour les porteurs du projet, la raison d’un tel échec est avant tout politique. Lajos Kosa, le leader du parti Fidesz au Parlement hongrois, l’a suggéré dans un communiqué: « Quand l’opposition a attaqué dans le dos la candidature de Budapest, cela a détruit l’unité et réduit les chances de victoire de la capitale. Aujourd’hui, il n’y a plus qu’une seule décision possible pour éviter à la Hongrie de perdre son prestige international. »

Même son de cloche au comité olympique hongrois, où Zsolt Borkai, le président, pointe lui aussi du doigt l’attitude des partis d’opposition: « Maintenant, près de la ligne d’arrivée, ils détruisent le rêve qu’ils supportaient plus tôt. »

Avec le retrait de Budapest, la course aux Jeux de 2024 connaît déjà ses deux finalistes. Los Angeles et Paris restent seules en course. Les deux villes se disputeront les voix des membres du CIO, le 13 septembre 2017 à Lima, au Pérou, au terme d’une élection réduite à un seul tour. Il faut remonter aux Jeux de 1988 pour retrouver une édition olympique d’été où la victoire s’était jouée entre seulement deux dossiers. Séoul avait battu Nagoya.

Pour Thomas Bach, il ne fait aucun doute que le retrait de Budapest est le résultat d’un contexte politique particulier à la Hongrie. Le président du CIO l’a suggéré avant même de connaître la décision des autorités hongroises. Il n’a pas tort. Mais l’abandon de Budapest intervient après les retraits successifs de Boston, Hambourg et Rome. Il confirme l’inquiétante désaffection de l’idéal olympique, déjà matérialisée de façon spectaculaire par la course aux Jeux d’hiver 2022, finalement réduite elle aussi à deux finisseurs, Almaty et Pékin.

Dans les faits, le renoncement hongrois ne semble pas de nature à changer la donne. Certes, Budapest 2024 proposait une alternative, une troisième voie, qui aurait pu séduire certains votants. Son équipe avait su gagner le respect et une forme d’admiration du mouvement olympique. Sa vision était pertinente, son dossier solide et son projet séduisant. Mais la capitale hongroise passait encore, à sept mois du vote, comme un outsider face à Los Angeles et Paris.

Il n’empêche, son retrait pourrait avoir une influence sur le scrutin. Au moment de choisir entre Los Angeles et Paris, les membres du CIO seront sans doute nombreux à se demander laquelle des deux options propose les meilleurs arguments pour restaurer l’image des Jeux olympiques. Entre Los Angeles et Paris, laquelle des deux villes semble la plus apte à organiser en 2024 des Jeux d’été qui redonneront à l’événement olympique tout son pouvoir de séduction. Pas simple.