— Publié le 31 janvier 2017

Face à la menace Trump, l’USOC se couvre d’assurances

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Délicat week-end pour le comité olympique américain. Au lendemain de la signature par Donald Trump d’un décret interdisant l’entrée aux Etats-Unis pour une période de 90 jours des ressortissants de sept pays musulmans, vendredi 27 janvier, l’équipe de direction de l’USOC a passé le plus clair des deux jours à multiplier les appels au téléphone vers Washington. Objectif: obtenir toutes les assurances du gouvernement américain que cette interdiction de voyager n’aurait pas d’impact sur les athlètes appelés à se rendre dans le pays pour des compétitions internationales.

A en juger par les premières informations, encore incomplètes, la démarche de l’USOC a obtenu les résultats espérés. Son président, Larry Probst, par ailleurs membre du CIO, et son directeur général, Scott Blackmun (photo ci-dessus, de gauche à droite), l’ont annoncé via un communiqué envoyé dans la journée du lundi 30 janvier: le gouvernement américain a assuré que les athlètes de tous les pays obtiendraient une entrée privilégiée aux États-Unis pour les compétitions sportives internationales.

Au moins l’un d’entre eux peut prétendre le contraire. Meisam Rafiei, un spécialiste de taekwondo portant un passeport islandais, devait rejoindre Las Vegas pour y participer à l’US Open. Il n’a pas été autorisé à entrer aux Etats-Unis. Désormais Islandais, l’athlète est né en Iran. “En route pour Las Vegas pour disputer l’US Open pour l’Islande avec mon passeport islandais, j’en ai été empêché car je suis né en Iran”, a-t-il écrit sur son compte Facebook.

A l’évidence, Meisam Rafiei s’est pointé trop tôt à un guichet d’immigration, en plein chaos, avant que l’USOC et le gouvernement américain n’aient le temps d’accorder leurs violons.

Il n’empêche, la suite reste floue. Une Coupe du Monde de tir à l’arc est prévue à Las Vegas, à partir du 10 février. Une équipe iranienne serait susceptible d’y participer, l’Iran ayant envoyé un archer aux Jeux de Rio 2016. Mais son statut n’est pas encore connu. Même incertitude concernant l’équipe américaine de lutte qui doit normalement se rendre en Iran pour une Coupe du Monde. Le président de la fédération, USA Wrestling, a assuré que le voyage des lutteurs n’était pas menacé. A voir.

Une poignée d’événements internationaux est prévue aux États-Unis dans les 90 jours de mise en application du décret anti-immigration signé par Donald Trump. Citons, en vrac, le Marathon de Boston, un meeting international d’athlétisme en salle, des épreuves de la saison de cyclisme UCI… Autant de compétitions pour lesquelles, selon le communiqué de l’USOC, les athlètes de tous les pays se verront accorder un droit d’entrée sur le sol américain.

A quelques jours du début de la campagne internationale des villes candidates aux Jeux de 2024, la tâche des Américains n’est pas simple. Il leur faut préserver toutes les chances de Los Angeles 2024, tout en respectant les règles imposées par la nouvelle administration à Washington.

Délicat. La formulation du communiqué de l’USOC en est l’illustration. Après avoir reconnu que “le mouvement olympique a été fondé sur les principes de la diversité et de l’inclusion”, ses deux signataires, Larry Probst et Scott Blackmun, écrivent que, en leur qualité de représentants aux Etats-Unis du mouvement olympique, ils “embrassent ces valeurs”. Mais ils ajoutent: “Nous reconnaissons aussi la tâche difficile d’assurer la sécurité d’une nation.”

De son côté, le CIO observe un silence dont l’écho pourrait bientôt se faire pesant. L’organisation olympique s’est contentée lundi d’un communiqué, seulement une poignée de mots, où elle précise ne pas “commenter la politique des états souverains.”