— Publié le 24 octobre 2016

L’avenir encore incertain des Jeux Européens

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Après Bakou, Minsk. Après l’Azerbaïdjan en 2015, la Biélorussie en 2019. Les dirigeants de l’Association des comités olympiques européens (EOC) peuvent respirer. Leur événement le plus visible, imaginé et conçu comme un pendant aux Jeux Asiatiques ou Panaméricains, connaîtra bien une deuxième édition. Réunis en fin de semaine passée à Minsk, ils ont choisi la capitale biélorusse comme ville-hôte des Jeux Européens en 2019. Le pire est évité. Mais l’avenir reste encore très incertain.

Les faits, d’abord. Pour recevoir l’événement dans moins de trois ans, Minsk était seule ville candidate. Un choix par défaut, donc. Un an plus tôt, il se disait avec instance dans les rangs de l’EOC que l’édition 2019 se disputerait à Amsterdam, aux Pays-Bas. Une option plus occidentale et très séduisante. Mais le comité olympique néerlandais a jeté l’éponge, avançant des arguments financiers pour expliquer son retrait. La Turquie a été pressentie un moment comme un possible plan B. Mais les Turcs n’ont pas donné suite. Tous les regards se sont alors tournés vers la Russie, où un projet commun entre Sotchi et Kazan tenait la corde. Mais, encore une fois, le projet n’est pas allé au bout.

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Minsk a emporté la décision sans la moindre concurrence. Aleksander Lukashenko, le président biélorusse (photo ci-dessus), était venu lui-même défendre la candidature de la capitale. “Nous ne sommes pas une grande puissance, mais nous accordons une place importante au sport”, a vanté le chef de l’Etat. Signe peu encourageant, pas moins de 8 comités nationaux olympiques ont voté en faveur d’un report de la décision d’accorder à la Biélorussie l’édition 2019 des Jeux Européens. Parmi eux, le clan scandinave. Morten Moelholm Hansen, le secrétaire général du comité olympique danois, a confié à Associated Press son inquiétude d’avoir accordé l’événement à Minsk sans connaître les détails de son projet ni les garanties financières.

Selon certaines sources, le comité olympique biélorusse aurait déjà demandé un coup de main à l’EOC et au CIO afin de boucler le budget de l’événement. Les réponses ne sont pas encore parvenues. Seule certitude: l’édition 2019 ne rivalisera pas en moyens, en faste et en budget avec les Jeux Européens de Bakou en 2015. L’Azerbaïdjan avait dépensé sans compter. La Biélorussie pourrait se révéler nettement plus modeste dans ses ambitions. En 2015, les Jeux Européens avaient recensé plus de 20 sports. Ils seront entre 10 et 15 pour l’édition 2019.

Les questions, maintenant. A Bakou, l’événement avait proposé un plateau assez disparate, certains sports envoyant leurs meilleurs athlètes (tennis de table, judo, boxe, triathlon…), pendant que la natation se contentait d’une participation de juniors et l’athlétisme d’un match international entre nations de niveau inférieur. Qu’en sera-t-il en 2019? Mystère. L’Association européenne d’athlétisme (AEA) n’a pas encore tranché le débat. La FINA non plus.

Aleksander Lukashenko a clairement demandé à l’EOC de faire en  sorte que les Jeux à Minsk distribuent des quotas olympiques dans toutes les disciplines du programme. Mais l’organisation continentale n’est pas encore en mesure de lui fournir la moindre certitude. L’avenir semble d’autant plus flou que certains des sports olympiques majeurs, dont l’athlétisme, la natation, la gymnastique, le cyclisme et l’aviron, se sont associés pour l’organisation en 2018 d’un championnat d’Europe commun, prévu à Berlin et Glasgow.

Anatoly Kotov, le secrétaire général du comité olympique biélorusse, a confié à AP que son pays était prêt à “sacrifier” certaines disciplines de l’athlétisme en échange de la présence à Minsk d’un plateau de qualité dans le premier des sports olympiques. La qualité plutôt que la quantité, donc, au risque de proposer un événement à géométrie variable. Une même option pourrait être privilégiée en natation.

Au soir de son assemblée générale, l’EOC a pourtant affiché soulagement et confiance. Janez Kocijančič,  son président par intérim, a assuré dans un communiqué que ces deux jours de réunion avaient été “cruciaux” pour l’organisation. “Nous nous sommes mis d’accord pour aider Patrick Hickey à se défendre et à rentrer en Irlande, nous avons désigné Minsk comme ville-hôte des Jeux Européens 2019, et enfin nous avons adopté une nouvelle identité visuelle”, a énuméré le Slovène, par ailleurs vice-président de la Fédération internationale de ski (FIS). Pour le reste, l’avenir répondra.

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