— Publié le 18 octobre 2016

“Je suis issu de la gym, mon rival vient des affaires”

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Une page va se tourner pour la gymnastique mondiale. Une page aux lignes tellement nombreuses que les plus jeunes n’en ont pas connu le début. Bruno Grandi, l’actuel président de la Fédération internationale (FIG), rendra officiellement les clefs de la maison mercredi 19 octobre, dans l’amphithéâtre du Hilton de Tokyo. Le dirigeant italien passera la main après 20 ans de présidence. Il est âgé de 82 ans.

Pour lui succéder, deux hommes ont mené campagne. Un Français et un Japonais. Georges Guelzec (photo ci-dessus), le président de l’Union européenne de gymnastique (UEG), et Morinari Watanabe, le secrétaire général de la Fédération japonaise de gymnastique, se disputeront les voix des délégués des 125 pays membres de l’organisation internationale. Le 81ème Congrès de la FIG a débuté ce mardi à Tokyo. L’élection est prévue mercredi 19 octobre. A son départ pour le Japon, Georges Guelzec a répondu aux questions de FrancsJeux.

FrancsJeux: A quelques heures du scrutin, comment se présente l’élection à la présidence de la FIG?

Georges Guelzec: Il est difficile de faire des pronostics. Beaucoup de paramètres vont entrer en jeu: les compétences, bien sûr; l’argent, également; mais aussi le contexte géo-politique. Le Congrès se tient à Tokyo, la ville des prochains Jeux olympiques. Cet élément peut jouer en faveur de mon adversaire. Je dirais que nous sommes à 50/50. Mais cette élection oppose deux profils très différents.

En quoi êtes-vous opposés?

Nous sommes opposés sur tout. J’ai l’avantage de proposer un véritable projet sportif, pour l’avenir de la gymnastique, un projet pour demain et après-demain. Le sien ne me semble pas très clair. Je viens de la gym, je suis du sérail. J’ai été gymnaste, j’ai participé aux Jeux, puis j’ai été entraîneur, juge. Je préside aujourd’hui l’Union européenne de gymnastique. Je possède une grande expérience de ce sport et de son milieu. Les gens qui me connaissent savent tout ce que j’ai accompli dans la discipline. Morinari Watanabe n’est pas issu de la gym, il vient du monde des affaires. Il a passé les deux dernières années à faire le tour du monde pour mener sa campagne. Je sais qu’il a promis beaucoup de choses à beaucoup de gens. Mais je doute qu’il puisse tenir toutes ses promesses.

Morinari Watanabe peut-il être favorisé par l’avantage du terrain, avec un Congrès organisé à Tokyo?

Sans doute. Pas moins de cinq réceptions sont organisées par les Japonais pendant le Congrès. Certains délégués peuvent y être sensibles.

Que se passera-t-il pour vous en cas de défaite?

Je n’ai pas d’intérêt personnel dans cette aventure. Je fais tout cela pour la gymnastique et pour son avenir. Si je suis battu, j’irai au terme de mon mandat de président de l’UEG, où il me reste encore une année. Puis j’arrêterai.

Bruno Grandi, l’actuel président de la FIG, a-t-il pris parti pour l’un de vous deux?

Non. Mais il m’avait sollicité, en avril 2014, pour postuler à sa succession. Une démarche qu’il avait effectuée en présence de tous les vice-présidents de la FIG. Depuis, il est resté neutre, mais je ne tenais pas à ce qu’il prenne position en ma faveur. Bruno Grandi a énormément oeuvré pour la gymnastique, mais il incarne le passé. Or, mon programme est focalisé sur l’avenir, sur la gymnastique de demain et d’après-demain.

Avez-vous pu bénéficier, pendant votre campagne, de l’aide et du soutien du mouvement sportif français ou de l’équipe de candidature de Paris aux Jeux de 2024?

Oui. J’ai été très soutenu par le comité national olympique (CNOSF), notamment pour la rédaction de ma plaquette de candidat. Nous avons eu plusieurs réunions communes. Une soirée a été organisée pour ma candidature le 2 août dernier, à Rio de Janeiro, au Club France des Jeux de 2016. J’ai également été soutenu par la Fédération française de gymnastique.