— Publié le 12 octobre 2016

A Rome, Malago baisse définitivement le rideau

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Cette fois, la messe est dite. Giovanni Malago, le président du comité olympique italien (CONI), a tiré un trait définitif mardi 11 octobre sur la candidature de Rome aux Jeux de 2024. Le dirigeant transalpin avait convoqué une conférence de presse. Il a confirmé que le projet était bel et bien enterré, même s’il est seulement “suspendu”.

“J’ai écrit aujourd’hui au Comité international olympique pour interrompre le parcours de Rome 2024”, a déclaré Giovanni Malago. Selon un communiqué envoyé le jour même, le CIO a “pris note” de la décision de la capitale italienne. L’organisation olympique n’a pas réellement commenté l’annonce, se contentant de préciser que sa commission des candidatures en débattrait plus tard pour en analyser la signification.

Pour Giovanni Malago, le coup est rude. Le président du CONI n’en fait pas mystère: ce deuxième désistement consécutif, après le retrait de Rome dans la course aux Jeux de 2020, sera long et difficile à effacer. “Il s’agit d’un renoncement très grave et d’une grande déception. J’ai toujours dit que ce projet était comme une table qui avait besoin de trois pieds, le CONI, le gouvernement et la municipalité, pour la soutenir. L’un de ces pieds a fini par manquer, pour des raisons idéologiques et démagogiques. Je dois interrompre le processus à onze mois de sa conclusion et après trois ans de travail. C’est dommage car notre projet était un projet gagnant.”

Giovanni Malago compare la situation de Rome à celle de Vancouver dans les années 70. La ville canadienne avait retiré sa candidature pour les Jeux d’hiver de 1980 à six mois du vote. “Ils en ont payé le prix fort”, suggère le président du CIO, expliquant que Vancouver avait ensuite dû attendre 30 ans avant de retrouver grâce aux yeux du CIO et organiser les Jeux en 2010.

Rome ne devra sans doute pas patienter deux ou trois décennies avant de se refaire une image crédible de candidate olympique. En ces temps où le nombre de postulants se réduit comme une peau de chagrin, toutes les ambitions sont les bienvenues. Giovanni Malago a d’ailleurs déjà annoncé son intention de proposer la candidature de Milan pour accueillir la session du CIO en 2019. “Un premier pas”, veut croire le président du CONI. Il assure en avoir parlé la semaine passée avec Thomas Bach et Christophe De Kepper, le directeur du CIO. L’idée leur aurait semblé excellente.

Le dirigeant italien a également confié, à l’occasion de sa conférence de presse, que le poste de président du comité d’organisation des Jeux de 2024 aurait été confié, en cas de victoire du dossier italien, à Nerio Alessandri, le fondateur et président de la société Technogym.

En Californie, la défection de Rome a été commentée par Casey Wasserman, le président de Los Angeles 2024: “Au nom de LA 2024, je suis très déçu d’apprendre cette nouvelle, car nous avons beaucoup apprécié nos échanges avec les porteurs du projet de Rome 2024. Nous considérons l’équipe de Rome comme de grands professionnels et de vrais passionnés des Jeux, qui ont toujours porté haut les valeurs olympiques d’amitié, de respect et d’excellence.” Reste à savoir à qui profitera le retrait italien au moment du décompte des voix.