— Publié le 19 septembre 2016

Ce qu’il faut retenir des Jeux paralympiques de Rio

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Rideau sur les Jeux paralympiques de Rio. L’événement a pris fin dimanche 18 septembre, comme il avait commencé 11 jours plus tôt, par une grande fête pleine de musique et de couleurs au stade Maracana. Dans l’intervalle, une édition d’un niveau plus dense et resserré que jamais, pour preuve la chute de plus de 200 records du monde. Seule ombre au tableau, l’accident mortel samedi 17 septembre du cycliste iranien Bahman Golbarnezhad, 48 ans, décédé d’un arrêt cardiaque après être entré en collision avec une barrière et projeté dans le fossé pendant la course sur route. Un hommage lui a été rendu dimanche pendant la cérémonie de clôture sous la forme d’une minute de silence.

Que faut-il retenir de ces premiers Jeux paralympiques organisés en Amérique du Sud? La réponse en quatre leçons.

Les Brésiliens savent éviter le pire. A quelques semaines de l’ouverture, les organisateurs brésiliens avouaient d’un air penaud avoir vendu tout juste 200 000 billets. Ils reconnaissaient ne plus avoir un sou en caisse. La presse internationale prédisait le pire aux Jeux paralympiques de Rio. A l’arrivée, les comptes affichent plus de 2,1 millions de billets vendus, soit la deuxième meilleure affluence payante après Londres 2012. Selon Sidney Levy, le directeur exécutif, les Jeux paralympiques sont restés dans les clous, avec un budget de 2,8 milliards de dollars, soit à quelques billets verts près la somme annoncée en 2009. Carlos Nuzman, le président du comité d’organisation, a assuré à la veille de la clôture que la part d’argent public atteignait seulement une trentaine de millions de dollars, soit un peu plus de 1% des dépenses. Trois fois rien, donc.

L’IPC se frotte les mains. Sir Philip Craven, le président de l’IPC, n’a pas retenu ses compliments aux organisateurs brésiliens. “L’événement de samedi (le décès du cycliste iranien) a jeté une ombre, mais on se souviendra du succès de ces Jeux qui ont surpris tout le monde”, a suggéré le Britannique dimanche 18 septembre en conférence de presse. Avant de revenir sur la décision de l’IPC d’exclure la Russie des Jeux de Rio: “L’équipe russe nous a manqué, mais le gouvernement a sponsorisé le dopage et il faut un grand changement en Russie pour qu’elle reprenne sa place dans notre famille.” L’IPC a osé prendre une décision que le CIO s’était refusé à choisir. A l’arrivée, sa position est passée pour courageuse. A l’inverse, le CIO a surtout recueilli des critiques pour avoir laissé aux fédérations internationales la tâche de nettoyer devant leurs portes.

La Chine écrase la concurrence. Les éditions se suivent, mais la domination chinoise reste. Comme à Londres en 2012, la Chine a dominé le classement des nations avec le résultat sidérant de 239 médailles, dont 107 en or, soit 11 de plus que quatre ans plus tôt dans la capitale anglaise. Derrière, la Grande-Bretagne a confirmé son embellie des Jeux olympiques en prenant la 2ème place, avec 147 médailles, dont 64 en or. L’Ukraine, 3ème, s’affirme comme une puissance du mouvement paralympique. Les Etats-Unis et l’Australie complètent le top 5. Le Brésil a réussi ses Jeux, en pointant à la 8ème place, avec 72 médailles dont 14 en or. Avec 28 places sur le podium, dont 9 titres, la France occupe la 12ème place.

Le Japon veut voir plus large. Comme le veut la tradition, le drapeau paralympique a été transmis pendant la cérémonie de clôture à la gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike (photo ci-dessous). Plus tôt dans la journée, elle avait profité d’une conférence de presse pour assurer que les représentants de Tokyo 2020 avaient “beaucoup appris” de leur séjour à Rio de Janeiro, notamment quant au rôle crucial joué par les volontaires pour aider les athlètes et les spectateurs. Répétant comme un refrain que le budget des Jeux serait surveillé comme le lait sur le feu, Yuriko Koike a promis que les prochains Jeux paralympiques changeraient de façon spectaculaire et durable la capitale japonaise en termes d’accessibilité. “Nos rues sont trop étroites, nos portes pas assez larges et les plafonds des bâtiments japonais souvent trop bas, a reconnu la nouvelle gouverneure de Tokyo. Les Jeux de 2020 doivent laisser un héritage pour la population.” En 2020, Tokyo deviendra la première ville de l’histoire à avoir organisé deux fois les Jeux paralympiques.

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