— Publié le 15 juillet 2016

Pour 2026, la Suisse marche derrière les Jeux d’hiver

Candidatures Focus

Patience et méthode, sagesse et rigueur. Le projet suisse pour les Jeux d’hiver en 2026 poursuit sa route sans se démarquer de son code de conduite. A l’initiative du comité olympique (Swiss Olympic), une “task force” a été constituée pour étudier dans le détail les dossiers présentés par les différentes régions du pays. Une série de quatre ateliers de travail a été planifiée pour expliquer aux uns et aux autres la marche à suivre et le processus de candidature. Le deuxième de ces “workshops” s’est déroulé mercredi 13 juillet. Jusque-là, tout va bien.

Et même un peu mieux que bien puisque, bonne nouvelle pour Swiss Olympic et son président, Jörg Schild, un sondage d’opinion mené par un organisme indépendant révèle un soutien assez massif de la population derrière le projet olympique. Réalisé par l’institut Demoscope auprès d’un échantillons de 1 000 personnes en Suisse, le sondage assure que trois sondés sur quatre attendent un effet positif sur l’industrie du tourisme si les Jeux d’hiver étaient organisés dans le pays en 2026. Deux personnes sur trois estiment que la Suisse constituent une “candidate idéale” pour les JO, grâce notamment aux infrastructures déjà existantes.

Surtout, chiffre le plus important dans un pays où les “votations” ont régulièrement envoyé aux oubliettes les candidatures olympiques, 57% des personnes interrogées répondent qu’elles voteraient “oui” en cas de référendum sur la question des Jeux d’hiver en 2026. Plus d’un Suisse sur deux, donc. Prometteur. Pour rappel, ils avaient été 53% à se prononcer contre la candidature des Grisons aux Jeux d’hiver de 2022 à l’issue d’une votation organisée en mars 2013.

Ombre au tableau: la peur du dérapage budgétaire. Classique et prévisible. Selon l’enquête d’opinion de Demoscope, 55% des personnes interrogées estiment que les coûts des Jeux d’hiver excéderaient les bénéfices. En clair, que la quinzaine olympique coûterait plus aux contribuables qu’elle ne rapporterait à la Confédération helvétique. Une tendance que les derniers chiffres relatifs aux Jeux de Rio 2016, où le déficit du comité d’organisation approcherait déjà les 140 millions d’euros, ont peu de chances d’inverser au cours des prochaines semaines.

Prudent et méthodique, Swiss Olympic a lancé un appel à projets national pour les Jeux d’hiver en 2026. Cinq dossiers ont été déposés sur le bureau de Jörg Schild. « The Swiss Made Winter Games » a été constitué par diverses régions de Suisse occidentale. « Olympische Winterspiele 2026 Graubünden und Partner » est issu des Grisons et régions partenaires. « Zentralschweiz 2026 » vient de la Suisse centrale. Enfin, « Switzerland 2026 » et « 2026 – Games for our future » constituent deux projets dits supra-régionaux, où les épreuves auraient lieu sur l’ensemble du territoire.

La suite du processus s’annonce longue mais patiente. Les projets seront affinés jusqu’en octobre 2016, au terme des deux derniers ateliers de travail menés par Swiss Olympic. La votation populaire devrait se tenir au printemps 2017. En cas de soutien de la population concernée, une candidature seraient déposée en automne 2017.

A ce jour, la course aux Jeux d’hiver en 2026 compte une poignée de noms de villes intéressées, mais le décor reste encore très flou. Au Canada, Québec City a rendu les armes mais Calgary a lancé une étude de faisabilité. En Italie, Trente se positionne. En Suède, Stockholm pourrait y retourner. Au Japon, la candidature de Sapporo est annoncée comme probable. Il se murmure également que Dresde, en Allemagne, pourrait tenter sa chance, tout comme Lake Placid aux Etats-Unis. Reste le cas Almaty. Battu de 4 voix par Pékin dans la bataille à deux pour les Jeux de 2022 (44 voix contre 40), le Kazakhstan pourrait se lancer une deuxième fois dans l’aventure.