— Publié le 2 juin 2016

A Paris, les Jeux pèseraient 10,7 milliards d’euros

Candidatures Focus

Combien coûteraient vraiment les Jeux olympiques d’été en 2024? La question n’a pas encore de vraie réponse, pas plus à Budapest qu’à Los Angeles, Paris ou Rome. Il faudrait attendre, pour le savoir avec exactitude, que le comptable du comité d’organisation ait refermé pour de bon son livre de comptes, sans doute plusieurs mois après la cérémonie de clôture.

A une autre question, toute aussi cruciale, le comité de candidature de Paris a apporté mercredi 1er juin une longue réponse, pleine de chiffres, de courbes et de promesses. La question de leur impact sur l’économie de la région Ile-de-France. L’équipe de Paris 2024 a profité du Salon des Maires, organisé au Parc des Expositions de la Porte de Versailles, dans le sud de la capitale, pour révéler les résultats d’une étude. Pas n’importe quelle étude, puisque réalisée par une très sérieuse équipe du non moins sérieux Centre de droit et d’économie du sport de Limoges (CDES).

Ce panel d’experts était dirigé par Jean-Jacques Gouguet, professeur d’économie à Limoges. Son rapport a été validé par trois spécialistes indépendants, connus dans le milieu pour aimer manifester un certain scepticisme quant aux retombées souvent très exagérées des grands événements sportifs: le Français Wladimir Andreef, l’Allemand Holger Preuss et le Britannique Stefan Szymanski. Un trio de scientifiques invité à apporter à l’enquête du CDES une touche de “prudence, rigueur et transparence”. En clair, à la rendre crédible.

Le résultat se résume en deux chiffres: 10,7 milliards d’euros de retombées des Jeux de 2024 pour Paris et sa région, 247 000 emplois durables. A l’échelle d’une nation, la France, où chaque dixième de point de croissance est accueilli comme une victoire sur l’Histoire, la performance est tout sauf anodine. Elle justifie largement d’avoir inscrit le nom de Paris sur la liste de départ de la course aux Jeux de 2024.

En cas de victoire, le 13 septembre 2017 à Lima, au Pérou, le dossier Paris 2024 gonflerait les caisses de 10,7 milliards d’euros. OK, mais comment? L’étude répond.

Primo, la construction. En d’autres temps, le secteur du BTP aurait constitué la plus belle part. Mais l’Agenda 2020 du CIO est passé par là. Il a rogné les budgets, prôné une politique de recyclage, renvoyé aux vestiaires les partisans du “tout beau, tout neuf.” Conséquence: les retombées en termes de construction pourraient atteindre “seulement” entre 1 et 1,8 milliard d’euros. On en serait presque déçu. A tort.

Deuxio, l’organisation. Un impact moins visible pour le visiteur mais plus immédiat. Les dépenses du comité d’organisation pour la préparation et la durée des Jeux, olympiques comme paralympiques, se situeraient dans une fourchette entre 2,9 et 5,4 milliards d’euros. Précision: une moitié environ de cette somme serait apportée par le très généreux CIO, censé signer au comité d’organisation des Jeux de 2024 un chèque d’une somme en dollars équivalant à 2 milliards d’euros.

Tertio, le tourisme. A Paris, il n’a jamais été en crise. La “Ville lumière” n’a pas besoin des Jeux pour faire le plein de touristes. Il n’empêche, les anneaux olympiques pourraient servir d’aimant à visiteurs. L’étude du CDES estime l’impact en termes de tourisme 3,5 milliards d’euros. Une fusée à deux étages, avec un pic de fréquentation durant l’année 2024, logique, puis un effet à moyen terme. Etienne Thobois, directeur général du comité de candidature, explique: “Ce phénomène a été constaté à Londres, une capitale qui comme Paris n’avait pas besoin des Jeux pour être connue.”

Son étude à peine publiée, l’équipe de Paris a annoncé la sortie prochaine d’un autre ouvrage de référence. Un “Livre blanc” sur l’héritage des Jeux. Il sera disponible en fin d’année 2016 et précisera, selon un communiqué, “les enjeux, les objectifs détaillés pour chaque thématique retenue, les projets mis en œuvre, les outils développés pour mesurer cet héritage, mais également la structure chargée de superviser et de garantir l’héritage des Jeux.” A suivre.