— Publié le 1 juin 2016

“Les athlètes soutiennent mon projet”

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Le sprint est lancé dans la course à la présidence de l’Union internationale de patinage (ISU). Vendredi 10 juin 2016, un successeur à Ottavio Cinquanta sera désigné par ses membres réunis en congrès à Dubrovnik, en Croatie. Aux commandes de l’ISU depuis 22 ans, l’Italien passera la main. A 77 ans. Pour lui succéder, quatre hommes ont déposé leur candidature avant la date limite du 25 avril: le Britannique Christopher Buchanan, président du comité technique de patinage synchronisé de l’ISU; le Néerlandais Jan Dijkema, vice-président de l’ISU en charge du patinage de vitesse; le Français Didier Gailhaguet, président de la Fédération française des sports de glace (FFSG); le Hongrois György Sallak, directeur du développement à l’ISU.

Deux de ces candidats siègent déjà en qualité d’élus au sommet de l’organisation, Christopher Buchanan et Jan Dijkema. Un troisième en est salarié à temps plein, György Sallak. Un seul, Didier Gailhaguet (notre photo), n’appartient pas à l’establishment. Parti le premier dans la course à la présidence, il a répondu aux questions de FrancsJeux.

FrancsJeux: A 10 jours du vote, comment se présente l’élection à la présidence de l’ISU?

Didier Gailhaguet: Elle apparaît très ouverte. Nous sommes quatre candidats. Le président actuel, Ottavio Cinquanta, ne laisse d’équipe derrière lui. Il a laissé tout le monde faire. L’un des postulants est salarié de l’ISU, deux autres y sont déjà élus. Ces deux derniers représentent respectivement la vitesse pour Jan Dijkema et le patinage synchronisé pour Christopher Buchanan. Je suis le seul de la course à être issu de l’artistique et à ne pas encore appartenir à l’organisation.

Est-ce plutôt un atout ou une faiblesse?

J’ai repris à mon compte, au moment de rédiger mon manifeste de candidat, une formule de Thomas Bach, le président du CIO: “Changer avant d’être changé”. Cette élection constitue l’occasion idéale pour moderniser l’ISU et démarrer une nouvelle ère. J’ai construit mon programme autour de cette volonté de modernisation, sans pour autant renier les traditions qui ont fait la force de notre organisation. Je veux seulement être président, sans briguer une autre position. Il me semble nécessaire de mettre en place une alternance entre les disciplines au niveau de la gouvernance. L’ISU n’a pas été présidée une seule fois depuis 36 ans par un dirigeant issu du patinage artistique. Il est temps, je crois, de respecter un meilleur équilibre.

Comment avez-vous mené campagne?

J’ai commencé par rédiger un manifeste de 55 propositions. Mon programme, mes idées, ma vision. A l’époque, j’étais le premier candidat de l’histoire à le faire. Depuis, j’ai en reçu une bonne douzaine! Ecrire mes idées et les présenter me semblait une évidence: on ne peut pas élire quelqu’un sans savoir ce qu’il veut faire. Puis je me suis rendu sur le terrain, à la rencontre des membres de notre fédération internationale. J’ai couvert plus de 600 000 kilomètres et visité 60 pays. Dans chacun, j’ai rencontré le président de la fédération nationale, j’ai écouté, j’ai questionné. Ces visites m’ont poussé à modifier et améliorer mon manifeste. J’ai beaucoup appris. Aujourd’hui, ma perception des membres de l’ISU est beaucoup plus fine et précise qu’au début de ma campagne.

Vous avez rencontré les dirigeants. Mais qu’en pensent les athlètes?

Les athlètes sont derrière moi. Une quarantaine de champions olympiques et mondiaux me soutiennent. Je vais en dévoiler les noms au cours des derniers jours avant l’élection. Ce soutien me fait plaisir et m’encourage. Je n’oublie pas que j’ai été patineur, puis longtemps entraîneur, avant de prendre des responsabilités de dirigeant.

Si vous êtes élu à la présidence de l’ISU, vendredi 10 juin, que ferez-vous en priorité?

Je rassemblerais l’équipe qui m’aurait été confiée par les membres de l’ISU, puis je définirais précisément le rôle et la mission de chacun. J’améliorerais la communication interne, entre le Conseil et les comités techniques. Enfin, je créerais une commission des présidents, afin de faire mieux remonter les besoins et les attentes des pays membres. Je veux rapprocher le sommet et la base. L’ISU ne doit pas seulement représenter les grandes nations du patinage. Elle doit aussi donner la parole à tous les petits pays qui la composent sur l’ensemble de la planète.