— Publié le 20 mai 2016

Guelzec / Watanabe, un fauteuil pour deux

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C’est officiel: la succession de l’Italien Bruno Grandi à la présidence de la Fédération internationale de gymnastique (FIG) se jouera entre deux hommes. Un Français et un Japonais. Un Européen et un Asiatique. Deux anciens gymnastes. Georges Guelzec, 68 ans, et Morinari Watanabe, 57 ans, ont été les deux seuls à soumettre leur candidature avant la date limite, fixée au 17 mai 2016 à minuit. La course vers le trône de l’un des premiers sports olympiques se jouera donc à deux. Avec une arrivée prévue à Tokyo, du 18 au 20 octobre 2016, à l’occasion du Congrès de la FIG.

Sur le papier, tout distingue les deux postulants, sinon leur parcours commun de gymnaste de haut niveau. Georges Guelzec, le plus âgé des deux, préside l’Union européenne de gymnastique (UEG) depuis 2009. Il a débuté son second mandat en 2013. Une position qui devrait lui assurer un soutien des nations du continent, toujours bon à prendre dans un tel contexte. Morinari Watanabe, 57 ans, occupe la fonction de secrétaire général de la Fédération japonaise de gymnastique (JGA). Pas mal non plus. En gymnastique comme ailleurs, les sponsors et les diffuseurs les plus fortunés s’avèrent de plus en plus souvent être asiatiques. Un atout jamais négligeable au moment d’attaquer le sprint final d’une élection politique.

Même contraste dans la stratégie de campagne des deux hommes. Le Français est parti le premier, très tôt, sans craindre de manquer de souffle. Il est candidat depuis une année et demie. Il a mis en musique un programme très élaboré et n’a jamais caché ses intentions. Il en a expliqué les grandes lignes à FrancsJeux: “J’ai bâti mon programme autour de quatre piliers: une modification des statuts de la FIG pour un changement de la gouvernance, avec la création d’un conseil d’administration où entreraient des professionnels ; une meilleure communication ; une amélioration de nos finances ; et enfin une réforme sportive. J’ai volontairement placé le sportif en quatrième position, car il serait illusoire de vouloir le réformer sans avoir au préalable travaillé sur nos statuts, notre communication et nos finances.”

Georges Guelzec avance à visage découvert. Il souhaite modifier la terminologie de la gymnastique, pour remplacer le terme de discipline par celui d’épreuve. Un moyen, à ses yeux, de mieux coller aux attentes de l’Agenda 2020 du CIO. A terme, il ambitionne de voir les cinq disciplines figurer au programme des Jeux, idéalement à partir de 2028, l’aérobic et la gymnastique acrobatique rejoignant le trampoline, la gym artistique et la gym rythmique. A son crédit, la réussite des Jeux Européens de Bakou en juin 2015, où la compétition avait servi de terrain d’expérimentation, les cinq épreuves se partageant le terrain et le spectacle.

Morinari Watanabe joue un jeu plus énigmatique. Il a annoncé officiellement son intention de se lancer dans la course le mois dernier. Il conserve pour lui ses idées de candidat. Il dévoilera son programme le plus tard possible. Mais le Japonais peut compter sur le soutien de sa puissante fédération nationale, l’une des plus influentes au monde, riche d’une impressionnante collection de médailles mondiales et olympiques. Il évoluera à domicile, le jour de l’élection, le Congrès se déroulant à Tokyo.

Dans tous les cas, la FIG entrera dans une nouvelle ère. Son président actuel, l’Italien Bruno Grandi, en rendra les clefs après 20 ans de règne. Il est âgé de 82 ans. Fait unique: le nouveau président sera seulement le neuvième à occuper le fauteuil depuis la création de la Fédération internationale. Elle a pourtant vu le jour en 1881.