— Publié le 13 avril 2016

“Maintenant, je crois aux Jeux à Québec en 2026”

Candidatures Focus

Est-ce le changement d’air, la quiétude de la Suisse ou encore les paroles de Thomas Bach? Allez savoir. Mais son voyage à Lausanne a eu un effet spectaculaire sur Régis Labeaume (notre photo), le maire de Québec. L’élu canadien était invité par le CIO, en début de semaine, à venir discuter au siège de l’organisation olympique de la possibilité d’une candidature de sa ville aux Jeux d’hiver en 2026. Un voyage qu’il avait abordé avec scepticisme. Aujourd’hui, pourtant, Régis Labeaume se dit convaincu. “Maintenant, j’y crois”, a-t-il lâché lundi à sa sortie d’une longue entrevue avec Thomas Bach. Avant de préciser d’un ton aussi assuré: “Je suis venu à Lausanne pour vérifier certaines de mes hypothèses. Je peux dire maintenant que cette histoire est sérieuse.”

Débordant d’enthousiasme après son entrevue au CIO, Régis Labeaume n’a pas retenu ses propos. “Le Premier ministre du Québec m’a dit: “Les Jeux, on les veut”, a-t-il assuré sur Radio-Canada. Une affirmation que l’intéressé, Philippe Couillard, s’est empressé de modérer dès le lendemain. “Le premier ministre est d’accord avec la démarche de M. Labeaume, qui vise à se renseigner auprès du CIO et explorer la possibilité d’une éventuelle candidature olympique, a précisé son porte-parole, Harold Fortin. Le Premier ministre et le maire Labeaume veulent prendre le temps d’y réfléchir. Ils disent la même chose sur le sujet.”

Un premier pas vers une candidature de Québec aux Jeux d’hiver 2026? Sans doute. Encore présent à Lausanne, où il doit rester jusqu’en fin de semaine, Régis Labeaume a visité le Musée olympique. Il a surtout rencontré le maire de la ville, Daniel Brélaz, pour lui rappeler la volonté de Québec d’organiser le Congrès de l’Union olympique des villes francophones en 2017. Une façon, déjà, de tenter de séduire les votants du monde francophone.

Il n’empêche, la route semble encore longue. A Québec, le monde économique ne cache pas ses réticences. La Chambre de commerce et d’industrie de la ville estime qu’il est “prématuré” de prendre position. “On va attendre de voir les tenants et aboutissants avant de prendre un engagement quelconque, a expliqué Alain Aubut, son président. Je pense qu’il faut attendre de voir vraiment quelles sont les conditions qui vont permettre de réaliser les Jeux olympiques à Québec. Nos membres veulent un plan d’affaires et un budget cohérent avant de se positionner.”

Même prudence du côté du ministre fédéral, Jean-Yves Duclos. “C’est un dossier assez complexe, qui demande d’ailleurs une très bonne collaboration entre les différents niveaux de gouvernement. C’est ce que j’ai l’intention de continuer lorsque j’aurai l’occasion de revoir M. Labeaume dans quelque temps”, a-t-il suggéré à Radio-Canada.

Quant à l’opposition politique, elle se dresse déjà vent debout face au projet olympique de Régis Labeaume. “Je pense qu’on essaie de nous embarquer dans un projet qui va nous coûter énormément cher et je ne pense pas que ça va apporter grand-chose à la population”, avance Paul Choiry, le chef de l’opposition municipale.

Régis Labeaume, de son côté, avance ses pions et prépare son dossier. Il a récemment sollicité les maires de certaines anciennes villes olympiques, aux Etats-Unis et au Canada, pour les sonder sur l’éventualité d’une candidature non pas seulement québécoise, mais nord-américaine. Craig Randall, le maire de Lake Placid, dans l’état de New York, hôte des Jeux d’hiver en 1980, s’est déclaré “flatté” que son homologue de Québec envisage une candidature commune. Il aurait même suggéré à Régis Labeaume de continuer à étudier la possibilité d’intégrer ses sites dans son dossier. Même intérêt à Whistler, en Colombie-Britannique, la station hôte des épreuves de ski alpin aux Jeux de Vancouver en 2010. Nancy Wilhelm-Morden, la maire de la ville, s’est dit “très intéressée” à l’idée d’explorer plus avant un projet commun avec Québec.