— Publié le 12 avril 2016

« Le projet de Los Angeles est celui de tout le pays »

Candidatures Focus

A Los Angeles comme à Paris et Rome, la mobilisation des athlètes est placée en tête des priorités dans la course aux Jeux de 2024. L’équipe parisienne a lancé, lundi 11 avril, une application mobile à leur intention. Les Californiens, eux, ont présenté le mois dernier un imposant bataillon d’olympiens, présents et passés, associés à la cause de Los Angeles 2024. A leur tête, Janet Evans (notre photo). L’ancienne star des bassins cumule les casquettes de vice-présidente de la candidature et de directrice des relations avec les athlètes. Présente à Alger en début de mois pour CISA 2016, elle a répondu en exclusivité aux questions de FrancsJeux.

FrancsJeux: Comment avez-vous constitué votre groupe d’athlètes ambassadeurs de la candidature?

Janet Evans: Ce groupe compte actuellement 53 noms. C’est un nombre important. Mais nous avons toujours voulu, dès le choix de Los Angeles comme ville américaine candidate pour les Jeux de 2024, donner à cette candidature une dimension nationale. Elle n’est pas seulement californienne. Ce projet est celui de tout le pays. Nous avions donc face à nous un très grand choix d’athlètes. Nous avons commencé avec des personnalités directement liées à la ville, pour en être originaire, y vivre ou s’y entraîner. Puis nous avons élargi le cercle avec des athlètes ayant une expérience des Jeux de Los Angeles en 1984. Et nous avons encore augmenté le groupe avec des champions ayant un lien avec la ville et son projet olympique. Le basketteur Chris Paul, par exemple, un olympien qui connaît bien l’ambiance du Staples Center pour y avoir joué sous les couleurs des Clippers. Serena Williams, également, dont les débuts de la carrière ont été soutenus financièrement par la Fondation LA84. Katie Ledecky, aussi, qui pourrait être encore compétitive en 2024 et nager à Los Angeles.

En son temps, la candidature avortée de Boston pour les Jeux de 2024 avait choisi un groupe d’athlètes originaires de la ville ou de l’état du Massachusetts, avec la volonté de parler en priorité à la population locale. Votre approche est différente?

Oui. En Californie, la population connaît très bien les Jeux et ses olympiens. Le soutien populaire atteint 88% d’opinion favorable dans les sondages sur les JO en 2024. Les gens sont acquis à notre projet. Surtout, je le répète, cette candidature est celle de tout un pays, pas seulement d’une ville ou d’un état.

Vous ressentez donc aujourd’hui le besoin de parler à l’ensemble du pays, pour mobiliser les gens au-delà de la Californie?

Bien sûr. Mais nous voulons surtout impliquer le plus grand nombre d’athlètes dans notre projet. Les Jeux ne sont rien sans les olympiens. Les Etats-Unis comptent actuellement 6 500 athlètes de haut niveau. J’ai besoin de leurs avis et de leurs conseils. Nous en avons tous besoin. J’en connais beaucoup sur la natation et sur les piscines. Mais je suis plus ignorante sur certains autres sports. Si nous pouvons parler à un maximum d’athlètes, si nous pouvons intégrer leurs idées dans notre projet, nous devons le faire. Le dialogue est ouvert, il doit être le plus large possible.

Comment allez-vous intégrer ces nombreux athlètes dans votre dispositif et votre campagne de candidature?

Nous allons organiser un tour du pays pour aller rencontrer les athlètes olympiques et paralympiques dans les principales grandes villes des Etats-Unis. Nous allons les écouter, noter leurs idées, recueillir leurs impressions. Nous allons aussi entendre le point de vue des nombreux athlètes étrangers qui vivent et s’entraînent sur le sol américain. Notre comité d’athlètes est en contact avec les autres sportifs du pays. Les idées vont être échangées, puis nous revenir afin de pouvoir en intégrer les meilleures dans notre dossier de candidature.

Comment va s’organiser cette tournée?

Nous nous appuyons sur un réseau très dense, aux Etats-Unis, d’organisations d’olympiens. Nous avons des relais dans tous les états. La tournée vient de débuter. Nous allons parfois faire coïncider les dates de la tournée avec les événements olympiques aux Etats-Unis. Les autres fois, nous monterons dans un avion pour aller à la rencontre des athlètes dans une ville.

Vous avez été une olympienne dans les années 80 et 90. Pour un athlète, quels ont été les plus importants changements entre votre époque et celle d’aujourd’hui?

La technologie, sans doute. Mais, surtout, je crois que les besoins des athlètes sont mieux pris en compte aujourd’hui. Mon premier village olympique a été celui de Séoul en 1988. Il était incroyable. Mais les villages sont de mieux en mieux conçus, réfléchis et organisés. J’ai la conviction que l’Agenda 2020 du CIO fonctionne déjà, que les athlètes sont au cœur des Jeux et que leurs besoins sont encore mieux intégrés que dans le passé.

Avez-vous prévu de solliciter certains des ambassadeurs de Los Angeles 2024 dans vos déplacements à l’étranger?

Bien sûr. Ils nous accompagneront. Certains incarneront la candidature à l’étranger. Mais notre stratégie évoluera pendant la campagne. Plusieurs athlètes encore en activité souhaiteront s’impliquer beaucoup plus après les Jeux de Rio 2016.