— Publié le 9 décembre 2015

Le CIO met son Agenda 2020 en piste

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Est-ce un effet Thomas Bach? Conduit par son président allemand, le train du CIO avance désormais pied au plancher. Au risque, parfois, de distancer les moins mobiles de ses passagers. Pour la seule journée du 8 décembre 2015, où l’ambiance indolente de Lausanne incitait volontiers à la paresse, la commission exécutive de l’organisation olympique a avalé sans s’étouffer un solide ordre du jour. Et elle s’apprête à en faire autant en ce mercredi.

Heureux hasard du calendrier, la journée du mardi 8 décembre marquait la date anniversaire de l’adoption par la session du CIO de l’Agenda 2020. Une année a passé depuis le vote à l’unanimité enregistré à Monaco. Douze mois qui ont déjà changé en profondeur le mouvement olympique. Thomas Bach l’a rappelé à Lausanne. Et les faits les confirment. Selon un communiqué publié hier par le CIO, “les deux tiers des 112 projets attendus pour 2015 ont été entièrement livrés. Plus de 20 pour cent sont en cours de réalisation. Certains devraient encore être menés à bien en 2015, le reste étant prévu pour 2016.”

Voilà pour les chiffres. Les réalisations, maintenant. En 12 mois, l’Agenda 2020 a permis au mouvement olympique de mettre en place une nouvelle phase d’invitation dans le cadre de la procédure de candidature à l’organisation des Jeux olympiques de 2024. Il a été assorti d’une reformulation de tous les documents de candidature, y compris le “contrat ville hôte”. Pour la première fois, un comité d’organisation, celui de Tokyo 2020, a proposé l’ajout de nouvelles épreuves au programme des Jeux. Un nouveau rôle a été attribué aux fédérations internationales en ce qui concerne la planification et l’organisation des compétitions olympiques. Un fonds de 20 millions de dollars a été alloué à la protection des “athlètes intègres”. La structure et le concept de la chaîne olympique ont été approuvés, elle devrait être lancée en 2016.

Pas mal pour une institution longtemps soupçonnée d’un goût prononcé pour l’immobilisme. A l’heure où la FIFA s’embourbe dans le scandale et où l’IAAF peine à colmater ses trous d’eau, le CIO veut se poser en exemple. Thomas Bach a insisté, mardi 8 décembre à Lausanne: “Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger ces millions d’athlètes intègres à travers le monde. Dans leur intérêt et pour la crédibilité des compétitions sportives, les athlètes doivent être protégés du dopage et de la corruption. Nous devons également préserver la crédibilité des compétitions sportives des arrangements et de la manipulation des matchs … Lutter contre la corruption signifie par ailleurs que la bonne gouvernance des organisations sportives est essentielle”.

Entre deux débats et trois résolutions, Thomas Bach et ses collègues de la commission exécutive se sont échappés de leur salle de réunion pour une cérémonie ô combien symbolique: la pose de la première pierre du futur siège du CIO à Lausanne. L’immense bâtiment, conçu pour accueillir sous un même toit les 600 salariés de l’organisation olympique, sera construit sur le terrain de l’actuel Château de Vidy. L’opération doit débuter en avril prochain, pour une inauguration prévue en 2020. Coût des travaux: 200 millions de francs suisses, soit environ 185 millions d’euros.

Re-belote ce mercredi 9 décembre. Loin de s’accorder un répit, les membres de l’organe suprême du CIO ont maintenu le pied à fond sur l’accélérateur. Au programme de la matinée, une discussion sur les sites des épreuves de cyclisme des Jeux de Tokyo en 2020. Un sujet rendu épineux par la volonté des Japonais de délocaliser le vélodrome à plus de 100 km de Tokyo, un changement de plan censé réduire la note finale des JO d’une petite centaine de millions de dollars.

Après discussion entre l’UCI, le CIO et Tokyo 2020, les quatre sites cyclistes ont été approuvés. Bingo. Les épreuves sur route auront lieu dans la ville de Tokyo, avec un départ et une arrivée face à l’emblématique Palais impérial. Les compétition de BMX se tiendront à Ariake, au centre de Tokyo, dans une installation temporaire construite spécialement à cet effet et d’une capacité de 5 000 places assises. Le cyclisme sur piste sera logé au Centre cycliste japonais à Izu, dans la préfecture de Shizuoka, à environ 120 km de Tokyo. Enfin, le VTT se disputera également à Izu, sur un parcours existant adjacent au vélodrome, à rénover pour répondre aux normes olympiques. Moins compact, moins coûteux, plus responsable. Dans l’air du temps, donc.