Candidatures

Pour les Jeux de 2024, chacun aura son champion

— Publié le 2 octobre 2015

La bataille pour les Jeux de 2024 sera-t-elle aussi celle des athlètes? Après Paris et Los Angeles, une autre ville candidate a décidé de confier une partie de sa destinée à une figure du sport et de l’olympisme. L’Allemande Claudia Bokel (notre photo), médaillée d’argent à l’épée aux Jeux d’Athènes en 2004, présidente de la commission des athlètes du CIO, rejoint l’équipe de candidature d’Hambourg. Selon l’agence de presse allemande SID, elle a été nommée à la présidence de son conseil d’administration.

En se lançant à visage découvert dans la course pour les Jeux de 2024, Claudia Bokel rejoint Tony Estanguet, triple champion olympique de canoë monoplace (2000, 2004 et 2012), engagé avec Paris 2024, et Janet Evans, quatre fois médaillée d’or en natation, aux Jeux de Séoul en 1988 et Barcelone en 1992, choisie pour porter la candidature de Los Angeles. Budapest et Rome n’ont pas encore sorti leur joker, mais les deux autres villes en lice pourraient bien s’y mettre à leur tour.

Un effet de mode? Sûrement pas. Le CIO et Thomas Bach le répètent comme un refrain: les Jeux doivent être pensés et organisés pour leurs premiers acteurs, les sportifs. Un chapitre sur  « l’expérience olympique des athlètes » figure en bonne place parmi les résolutions de l’Agenda 2020. Il est censé constituer un critère de choix dans le processus de candidature olympique.

Entre Claudia Bokel, Janet Evans et Tony Estanguet, la comparaison n’est pas aisée. Mais essayons quand même.

Passé olympique. Avantage à Janet Evans. La Californienne a trusté trois titres olympiques aux Jeux de Séoul en 1988, sur 400 m, 800 m et 400 m 4 nages, à seulement 17 ans. Quatre ans plus tard, elle a empoché une nouvelle médaille d’or, à Barcelone, sur 800 m, avant de compléter sa collection avec l’argent au 400 m. Tony Estanguet ne peut en dire autant. Mais le Français a réussi le tour de force de décrocher trois titres olympiques en trois Jeux différents, dans une même discipline du slalom, le C1, performance inégalée dans son sport. Claudia Bokel suit de très loin, avec sa médaille d’argent en épée par équipes aux Jeux d’Athènes en 2004.

Notoriété internationale. Encore une fois, avantage à Janet Evans. L’Américaine a été l’une des reines des Jeux de Séoul. Surtout, elle a fait carrière en natation, l’un des sports les plus médiatiques du programme olympique. Tony Estanguet, et surtout Claudia Bokel, souffrent de la comparaison, pour avoir choisi des disciplines nettement moins universelles.

Rôle dans la candidature. Avantage à Tony Estanguet. Le Français accompagne le projet olympique de Paris depuis son origine. Initialement placé en position de numéro 2 de l’équipe de candidature, juste derrière Bernard Lapasset, il est monté d’un cran. Il forme désormais avec le président de la World Rugby un binôme inspiré du duo composé par Jean-Claude Killy et Michel Barnier pour les Jeux d’hiver à Albertville en 1992. Claudia Bokel et Janet Evans ne peuvent en dire autant. Mais les deux jeunes femmes occupent également des positions très élevées. L’Américaine est vice-présidente de Los Angeles 2024 et responsable des relations avec les athlètes. L’Allemande présidera le conseil d’administration de la candidature d’Hambourg, un rôle qui devrait la conduire à mener les relations internationales, notamment dans les domaines de la culture, la politique et l’économie.

Influence dans le mouvement olympique. Avantage à Claudia Bokel. L’ancienne épéiste préside la commission des athlètes du CIO. Elue à cette position en 2012, elle a été prolongée à l’occasion de la session du CIO aux Jeux de Sotchi en 2014. A ce titre, elle siège à la commission exécutive, une position privilégiée. Son engagement dans la candidature allemande l’a incitée, en août dernier, à démissionner de la commission d’éthique du CIO, mais elle continue à présider le comité directeur du programme de suivi de carrière des athlètes. Tony Estanguet, lui aussi, est membre du CIO. Mais le Français y est entré fin 2012, quatre ans après l’Allemande. A Lausanne, on le dit très apprécié au sein de l’institution, pour preuve sa présence dans quatre de ses commissions, dont celle de la Solidarité olympique. Janet Evans n’est pas membre du CIO. Son influence dans le mouvement olympique reste, à ce jour, assez limitée.