— Publié le 2 septembre 2015

Avec Los Angeles, les Américains ne plaisantent plus

Candidatures Focus

Cette fois, c’est fait. Thomas Bach, le président du CIO, peut dormir sur ses deux oreilles: les Etats-Unis présenteront une candidature aux Jeux d’été en 2024. Elle sera solide, performante et redoutée. Sans présager de la suite de la course, elle s’annonce même comme l’une des favorites. Eric Garcetti, le maire de Los Angeles, a annoncé officiellement mardi 1er septembre que son conseil municipal avait voté en faveur du projet olympique. La candidature présentée par le Comité olympique américain, l’USOC, sera donc californienne.

L’annonce n’a surpris personne, tant le choix de Los Angeles semblait logique, voire évident, depuis le retrait de Boston. Eric Garcetti l’a officialisé à l’occasion d’une présentation très couleur locale, dos à la mer, sur une tribune montée le long de la plage de Santa Monica (notre photo). Parmi les intervenants, outre le maire, les deux boss de l’USOC, le président Larry Probst et le directeur exécutif Scott Blackmun, le président de Los Angeles 2024, Casey Wasserman, mais également le président du Conseil municipal de la ville californienne, Herb Wesson. Dans l’assistance, quelques figures du sport américain, dont l’ancien plongeur Greg Louganis et le boxeur Oscar De La Hoya.

Sur le fond, rien de nouveau sous le soleil. Les porteurs de la candidature de Los Angeles avaient déjà détaillé leur projet: un budget de 4,1 milliards de dollars (3,6 M€), légèrement inférieur à celui envisagé par Boston 2024 (4,6 M$), des recettes de 4,8 milliards de dollars, l’utilisation massive des équipements déjà existants (le Coliseum, le Staples Center, le Rose Bowl…). Un village olympique à construire de toutes pièces, sur un terrain actuellement propriété de la compagnie des chemins de fer, mais dont le financement (975 millions de dollars) serait assuré par un opérateur privé. Un dispositif en cinq pôles distincts, mais relativement compact, les cinq noyaux étant situés à moins de 30 minutes du village. Classique mais solide. Conforme presque point par point l’Agenda 2020.

Côté discours, rien de nouveau non plus. “Los Angeles est vraiment une ville olympique, l’olympisme fait partie de notre ADN”, a expliqué Casey Wasserman, le président du comité de candidature LA 2024, l’un des personnages clés du projet. “Les Jeux aiment L.A. et L.A. aime les Jeux: nous voulons que les Jeux reviennent chez eux”, a suggéré Eric Garcetti, sans craindre de verser dans une certaine arrogance.

“Nous sommes particulièrement contents d’avoir pour partenaire Los Angeles pour défendre les chances américaines pour l’organisation des JO  2024, a assuré Scott Blackmun, le directeur de l’USOC. Los Angeles a montré par le passé qu’elle avait l’expérience pour réussir l’organisation de JO et qu’elle savait organiser des événements de dimension mondiale.”

Quant à Herb Wesson, le président du Conseil municipal, il a tenu à nuancer un peu l’optimisme ambiant, histoire de rappeler que les élus locaux n’avaient pas signé un chèque en blanc et qu’ils surveilleraient de près le projet. “On a célébré les fiançailles, pas le mariage, on est encore en train de négocier le contrat prénuptial”, a-t-il expliqué en faisant preuve d’un curieux sens de la formule.

A peine candidats, les Américains ont déjà pris la route de Lausanne. Larry Probst, Eric Garcetti, Scott Blackmun et Casey Wasserman font le voyage vers la Suisse, ce mercredi, pour répondre à la phase d’invitation mise en place par le CIO. Ils doivent arriver à Lausanne en fin de journée, puis se rendre au siège du CIO jeudi matin. Une visite éclair, la délégation américaine devant reprendre l’avion plus tard dans la journée.