— Publié le 29 juillet 2015

A Rio, les prix fondent

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Le CIO peut se frotter les mains: son Agenda 2020 devrait très bientôt prendre une forme concrète. L’une de ses résolutions, surtout, qui recommande aux organisateurs des Jeux de privilégier les économies. A un peu plus d’un an des JO d’été de Rio, les Brésiliens ont déjà retenu la leçon. Ils s’apprêtent à recevoir une quinzaine olympique aux coûts maîtrisés et au budget final égal aux prévisions.

La promesse vient de l’un des pontes du comité d’organisation, Leonardo Gryner, son vice-président. Interrogé par l’AFP, il a expliqué que Rio prétendait “laisser un legs important au Comité international dans ce domaine.” Le dirigeant brésilien explique: “Nous avons eu dès le départ la grande préoccupation de contrôler le coût des Jeux. La tendance était de dépenser plus à chaque olympiade. Nous avons réussi à organiser des Jeux avec un budget moindre que celui de Londres.”

Prétentieux? A en croire les chiffres avancés par l’équipe de Rio 2016, pas vraiment. A Londres, en 2012, un sérieux dépassement de budget avait fait grimper la note jusqu’à la somme rondelette de 10,5 milliards d’euros. A Rio de Janeiro, l’an prochain, les JO devraient coûter un peu moins de 10 milliards d’euros (36,5 milliards de réais brésiliens).

La différence est minime. Symbolique, rien de plus. Et certainement à prendre avec réserve, les organisateurs des Jeux ne mettant tous les mêmes dépenses dans leur compte d’exploitation. Mais la fierté des Brésiliens devant leur copie démontre que le message du CIO est désormais entendu un peu partout dans le monde.

Leonardo Gryner insiste: “Je crois que nous allons démontrer qu’il est possible de faire des Jeux dans des standards d’excellence pour les athlètes et les spectateurs à un coût compatible avec les possibilités de la ville, et que cela incitera d’autres villes du monde à organiser les Olympiades dans le futur. Nos Jeux seront financés à 57% par des fonds privés et à 43% par des ressources publiques, soit l’une des meilleurs performances obtenues en termes de ratio privé-public. Et si vous revenez à notre dossier de candidature, vous verrez qu’il y avait une prévision de ce qui serait dépensé en réais, en valeur actualisée de 2016, et que nous nous situons exactement dans ce qui était prévu.”

Très fort. Mais les Brésiliens avaient-ils vraiment une autre option? La préparation de la Coupe du Monde de football en 2014 n’a pas seulement fait descendre les manifestants dans la rue, elle a aussi failli coûter sa place à Dilma Rousseff, la présidente du pays. Un deuxième dérapage, en deux ans, aurait sans doute fait vaciller le pouvoir en place.