— Publié le 29 juin 2015

L’Europe et le monde savent désormais où est Bakou

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Clap de fin sur les Jeux Européens. Bakou a bouclé l’événement continental, dimanche soir au Stade Olympique, comme elle l’avait ouvert dix-sept jours plus tôt. Avec une cérémonie de clôture sans fausse note, gentiment festive, mais juste assez grandiloquente pour rester dans les mémoires. Selon le chiffre officiel, difficile à vérifier, 10 000 feux d’artifice ont été tirés dans le ciel d’Azerbaïdjan. Selon un autre chiffre, cité par la télévision d’Etat AzTV, la fête aurait été suivie par un milliard de téléspectateurs dans le monde.

“Dix-sept jours de fête”, a résumé Patrick Hickey, le président des comités olympiques européens (EOC), au moment de tirer le bilan des ces premiers Jeux Européens. Personne ne le contestera, l’Azerbaïdjan s’est montré à la hauteur des attentes. L’événement a souvent ressemblé à des Jeux olympiques en version très légèrement miniature. Le classement des médailles en est le reflet, classique et crédible: la Russie a écrasé la concurrence, avec 164 médailles dont 79 en or, l’Azerbaïdjan a profité de l’avantage du terrain pour s’offrir une improbable percée jusqu’à la deuxième place (56 médailles dont 21 en or), les autres grandes puissances suivent en bon ordre (Grande-Bretagne, Allemagne, France et Italie). Rien à redire.

Reste une question: la suite. Pour les Jeux Européens, Patrick Hickey se veut d’un optimisme sans réserve. Les Pays-Bas ont eu beau jeter l’éponge, l’édition 2019 n’est pas menacée. Le dirigeant irlandais, par ailleurs membre de la commission exécutive du CIO, assure être en contact “avec 6 ou 7 potentiels candidats”. Il avance même que deux villes seraient déjà sur les rangs pour accueillir les Jeux en 2023. A voir. Le processus de candidature restera secret, les dossiers également, mais une décision devrait être prise avant la fin de l’année.

Pour l’Azerbaïdjan, la suite s’annonce moins précise. A Bakou, l’annonce d’une candidature aux Jeux olympiques de 2024 était attendue pour le dernier jour des Jeux Européens. Elle a été repoussée. Azad Rahimov, le ministre des Sports, explique depuis plusieurs jours que le pays prendra le temps d’analyser les effets et l’impact de l’événement européen avant de se décider. Le chef de l’Etat, Ilham Aliyev, ne s’est pas encore prononcé. La décision lui appartient, à lui et sans doute à lui seul.

Pour Patrick Hickey, l’issue du débat ne fait aucun doute. “L’Azerbaïdjan annoncera très bientôt sa candidature”, a-t-il annoncé dimanche 28 juin, avant même la cérémonie de clôture. Dans un tel scénario, sa démonstration de force des Jeux Européens en ferait un sérieux candidat. Bakou s’est déjà risquée deux fois à une candidature olympique, pour 2016 et 2020. Dans les deux cas, le CIO l’a gentiment renvoyée au fond de la classe, au moment de constituer sa short-list. En cause, un manque d’expérience des grands événements internationaux et trop peu d’installations sportives. Cette fois, elle possède tout cela.