— Publié le 19 février 2015

Almaty, le petit qui pourrait devenir très gros

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L’outsider serait-il devenu le favori? Au lendemain de la visite à Almaty de la commission d’évaluation du CIO pour les Jeux d’hiver de 2022, le Kazakhstan se prend à rêver. Et ils sont nombreux, dans le mouvement olympique, à accorder aujourd’hui au dossier d’Almaty des chances sérieuses de l’emporter face à Pékin, le 31 juillet prochain à Kuala Lumpur.

De l’avis général, Almaty a fait forte impression. Le Russe Alexander Zhukov, le patron de la commission d’évaluation du CIO, l’a expliqué sans retenir ses louanges pendant la conférence de presse finale: “Je peux vous dire que notre visite a confirmé que la ville d’Almaty est capable d’organiser de très beaux Jeux d’hiver. Elle possède des montagnes très spectaculaires, quelques sites assez impressionnants et une véritable passion pour les sports d’hiver. Nous avons été impressionnés par ce que nous avons vu. Si Almaty l’emportait, les Jeux de 2022 pourraient lui permettre d’atteindre son véritable potentiel.”

En quatre jours et demi de visites et de réunions, la petite troupe des 14 membres de la commission d’évaluation a pu s’offrir un tour des sites de compétitions proposés par l’équipe d’Almaty. Une fois n’est pas coutume, ils n’ont pas eu besoin de faire fonctionner leur imagination pour se faire une idée du décor. La plupart des sites existent. Et certains d’entre eux ont bluffé les délégués du CIO. Le tremplin de saut à skis, notamment (notre photo). Elevé en pleine ville, il a séduit Alexander Zhukov, le dirigeant russe le plaçant parmi “les plus beaux sites du monde.” Rien que ça.

Il faut dire que le Kazakhstan a su se montrer bon élève en recevant la délégation du CIO. L’équipe d’Almaty avait appris par cœur les résolutions de l’Agenda 2020. Et trouvé moyen d’en faire intelligemment usage. Exemple: le site de ski alpin. Dans son dossier de candidature, la capitale du Kazakhstan l’avait placé à Shimbulak. Un choix pertinent mais coûteux, qui exigeait un plan de construction pour aménager les lieux aux standards des Jeux olympiques. Pendant la visite de la commission d’évaluation, les porteurs du projet ont annoncé très fièrement que le ski alpin se déroulerait en réalité, dans l’hypothèse d’une victoire, dans la station d’Almatau. Bilan: une économie estimée à 500 millions de dollars. En prime, l’assurance de préserver l’environnement. Le tout sans nuire à la compacité du projet. Le CIO a apprécié.

Reste une question: les droits de l’homme. Un sujet sensible au Kazakhstan, le pays occupant une piètre 96ème place au classement mondial du respect des droits de l’homme (la Chine figure en 49ème position). Le CIO assure y accorder une importance grandissante. Le dossier a été discuté pendant la visite de la commission d’évaluation. A huis clos, naturellement. Mais les autorités auraient promis d’y porter une attention particulière. Alexander Zhukov l’a expliqué: “Nous avons posé la question, mais nous avons obtenu l’assurance qu’Almaty se mettrait en conformité avec les exigences de la Charte olympique.” Ouf, on respire.

La commission d’évaluation du CIO poursuivra sa tournée en visitant Pékin, l’autre ville candidate, du 24 au 28 mars 2015. Son rapport devrait être rendu public le 1er juin prochain, à deux mois de l’élection. Alexander Zhukov a refusé, mercredi, de commenter les forces et faiblesses du dossier d’Almaty. On s’y attendait. Une chose est sûre: Almaty a gagné des points.