— Publié le 5 janvier 2015

Pour 2020, Lausanne fait la course en tête

Candidatures Focus

Les Suisses ont appris à se montrer prudents lorsqu’il est question de candidatures olympiques. Une prudence renforcée par l’échec de Sion pour les Jeux d’hiver de 2006, battue par Turin alors qu’elle semblait largement favorite. Il n’empêche, l’heure est à un raisonnable optimisme dans le camp de Lausanne 2020. A moins de sept mois du vote par le CIO de la ville-hôte des Jeux de la Jeunesse d’hiver en 2020, la capitale du Canton de Vaud fait la course en tête face à sa seule rivale, la cité roumaine de Brasov.

Le premier rapport de la commission d’évaluation, publié le mois dernier par le CIO, se garde bien d’établir un classement entre les deux concurrents. Mais il n’est pas difficile de lire entre les lignes de ses remarques un avantage certain pour le dossier suisse. La dite commission a adressé aux deux équipes de candidature une liste de questions additionnelles. Elles devront y répondre par écrit avant le 2 février 2015. Un grand oral sera ensuite organisé, le mois suivant, avant la publication d’un second rapport, plus complet, de l’équipe d’experts du CIO.

Son avantage, Lausanne le doit à un dossier jugé par le CIO “globalement solide et novateur”. Deux adjectifs qui n’ont pas échappé à la presse suisse francophone, notamment au quotidien 24 Heures, où un long article paru en ce début d’année place sans nuance Lausanne en tête devant Brasov au premier temps intermédiaire.

La commission d’évaluation ne semble pas avoir trouvé de réels points faibles au dossier lausannois. Elle juge “bien équilibré” son dispositif des sites de compétition et relève comme un point positif l’idée de faire disputer certaines épreuves sur le versant français. La compacité des installations a séduit les experts olympiques, avec un projet où près d’un athlète sur deux aurait moins de 30 minutes de transport pur se rendre sur le site depuis le futur village.

A l’inverse, le dossier présenté par Brasov pose encore questions. Le CIO s’interroge notamment sur l’absence de sponsors dans le budget prévisionnel et juge très optimisme les ressources tirées de la billetterie. La commission d’évaluation explique également attendre plus de garanties formelles de la part des autorités roumaines quant au financement des JOJ. Elle demande aussi à l’équipe de candidature de peaufiner son plan d’hébergement. Mais elle insiste, dans le même temps, sur les qualités d’un dossier présentant un réel “potentiel” d’organiser l’événement, grâce notamment à un dispositif où 64% des athlètes pourraient concourir à moins de 30 minutes du village, installé dans trois hôtels d’altitude.

Rien n’est fait et tout peut encore arriver dans cette course à deux. Les Suisses le savent. Cité par 24 Heures, le secrétaire générale de la candidature, Denis Pittet, tempère toute envie de triomphalisme: “Depuis le début, les Roumains font profil bas. Mais ils vont consolider leur dossier. Qui, vous verrez, finira par se retrouver grosso modo au même niveau que le nôtre.”

Le CIO doit choisir entre Brasov et Lausanne lors de sa 128ème session, prévue du 31 juillet au 3 août 2015 à Kuala Lumpur, en Malaisie.