— Publié le 26 septembre 2014

Le respect des droits de l’homme, nouveau sport olympique

Candidatures Focus

La révolution olympique est en marche. Et elle prend une tournure assez spectaculaire. La CIO a pris sa plus belle plume pour écrire aux trois villes candidates aux Jeux d’hiver de 2022, Oslo, Almaty et Pékin. Un courrier qui leur précise noir sur blanc que leur contrat avec l’institution aux cinq anneaux inclura un article sur le respect des droits de la personne et la non-discrimination.

Ce dernier principe était inscrit dans l’article 6 de la Charte olympique. Mais il avait fini par se perdre dans les oubliettes de l’histoire. Le CIO a décidé de l’en ressortir, sous l’impulsion de Thomas Bach, son président. Personne n’y verra de hasard: cette décision intervient huit mois après les Jeux d’hiver de Sotchi, où les lois anti-gays en vigueur en Russie avaient provoqué la polémique, y compris au sein du mouvement olympique.

Les villes candidates devront désormais s’engager par contrat à respecter ce principe lors de leur élection. Le CIO précise que la ville hôte et le comité national olympique “s’engagent à conduire leurs activités d’une manière qui promeuve les principes et valeurs de l’olympisme, en particulier en bannissant toute forme de discrimination à l’égard d’un pays ou d’une personne fondée sur des considérations de race, de religion, de politique, de sexe ou autres.”

Sans surprise, l’annonce du CIO a été saluée comme une victoire par de nombreux mouvements internationaux pour le respect des droits civiques, en particulier les groupes de défense des homosexuels. « Cela envoie un message clair aux futures villes olympiques que ne seront plus tolérées les violations des droits de l’homme, notamment ceux des homosexuels, bisexuels et des transgenres, a expliqué Andre Banks, fondateur et directeur général d’All Out. Nous allons nous assurer que ces changements sont mis en pratique pour éviter une répétition de la controverse de Sotchi.”

Reste une question, décisive dans la course aux Jeux d’hiver de 2022: à qui profite l’offensive du CIO en faveur du respect de l’article 6 de la Charte olympique? Réponse facile: Oslo. Au dernier classement mondial des droits de l’homme, la Norvège pointe en 2ème position, juste derrière la Suède. La Chine s’en sort avec les honneurs, mais elle n’est pas mieux classée que la 49ème place. Quant au Kazakhstan, il fait figure de très mauvais élève, recalé au fond de la classe en 96ème position. Un mauvais point pour Almaty.

A l’évidence, le CIO a choisi de rédiger son courrier aux villes candidates avec une arrière-pensée: envoyer un message aux autorités politiques norvégiennes, encore hésitantes à signer les garanties financières obligatoires pour la poursuite du projet olympique d’Oslo. Un message pour leur faire comprendre que le dossier d’Oslo 2022 aurait une chance séreuse de victoire.