— Publié le 17 juillet 2014

En marge du Tour, l’UCI règle ses comptes

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L’état de grâce serait-il déjà terminé? Moins d’une année après avoir pris les rênes de l’Union Cycliste Internationale (UCI), le Britannique Brian Cookson doit essuyer un feu nourri de critiques. En cause, ses relations avec Igor Makarov, le président de la Fédération russe de cyclisme. Et, prétendent certains de ses opposants, sa volonté d’écarter ses potentiels rivaux.

Première critique, la plus directe: Brian Cookson se serait lancé depuis quelques mois dans une chasse aux sorcières. Le dirigeant néerlandais Peter Zevenbergen, l’un des membres de la très influente Commission d’éthique de l’UCI, a expliqué à l’agence Reuters avoir été poussé vers la sortie pour avoir publiquement exprimé son opposition à Igor Makarov, l’un des plus puissants alliés de Brian Cookson. “La nouvelle équipe n’a tout simplement pas accepté mes critiques”, a assuré à Reuters Peter Zevenbergen.

Le Néerlandais rappelle que, selon l’article 14 du code de l’UCI, les membres de la Commission d’éthique ne peuvent en aucun cas être démis de leurs fonctions, sauf en cas de décès ou de démission. Peter Zevenbergen raconte avoir pourtant reçu la visite à Amsterdam, en toute fin d’année 2013, du directeur général de l’UCI, Martin Gibbs. Une visite intervenue au moment où la Commission d’éthique enquêtait sur un supposé versement par Igor Makarov d’un million d’euros à l’Union Européenne de Cyclisme, en échange de son vote en faveur de Brian Cookson. “Je ne dirais pas que Martin Gibbs m’a demandé de partir, explique Peter Zevenbergen, mais il y a eu pression et il m’a fait comprendre qu’il n’avait pas envie de continuer avec moi.” Une pression qui, toujours selon Reuters, aurait conduit l’Allemand Peter Barth à quitter la Commission d’éthique.

Autre pomme de discorde: l’affaire Denis Menchov. L’ex coureur russe a été l’objet la semaine passée d’une suspension rétroactive pour anomalie dans son passeport biologique. Ses résultats sur les Tours de France 2009, 2010 et 2012 ont été rayés des palmarès. En soi, rien de très nouveau. Mais les opposants à Brian Cookson reprochent au Britannique d’avoir tenté de minimiser l’affaire. Ils relèvent que l’UCI n’a publié aucun communiqué de presse pour annoncer la nouvelle, comme il est de coutume de le faire en pareilles circonstances. L’information a été publiée sur le site internet officiel de l’Union, mais en toute discrétion. Encore une fois, les anti-Cookson y voient l’ombre d’Igor Makarov, le dirigeant russe ayant été à l’origine de la création de Katusha, l’équipe de Denis Menchov à l’époque des faits.

Interrogé par FrancsJeux, Brian Cookson ne se défile pas. Il répond ainsi aux accusations relayées par l’agence Reuters : “La critique est acceptable, tant qu’elle est honnête et constructive. Si je n’avais pas été prêt à l’accepter, je ne me serais pas présenté à la présidence de l’UCI avec un si vaste programme de réformes pour changer les habitudes et redorer l’image de notre institution. Sommes-nous devenus parfait en 10 mois ? Certainement pas encore. Souhaitons-nous améliorer les choses? Plus que jamais. Mais le plus important est de rappeler que nous avons traité tous les cas évoqués par cet article dans le plus strict respect de nos règles et/ou de celles de l’AMA.”