— Publié le 28 avril 2014

Los Angeles veut faire du neuf avec du vieux

Candidatures Focus

Le Comité national olympique américain (USOC) veut prendre son temps dans le choix de la ville requérante aux Jeux d’été de 2024. Sage précaution. Selon les dernières déclarations de ses dirigeants, la liste actuelle de sept candidates (Los Angeles, San Francisco, Dallas, Boston, Philadelphie, Washington DC et San Diego) serait réduite à trois “finalistes” dès le mois de juin 2014. Mais l’une d’elles, la plus vaste, a pris les devants, justifiant sa position de favorite: Los Angeles.

La “Cité des Anges” a publié son dossier de candidature. Un document déjà très élaboré. Et, avouons-le, plutôt séduisant. Seule ville en lice ayant déjà accueilli deux fois les Jeux d’été, en 1932 et 1984, Los Angeles a construit son projet olympique autour d’un pôle principal, situé “Downtown”, dans le centre, et trois autres “clusters” satellites, prévus respectivement dans le Westside, à Avalon et sur la côte.

Au coeur du dispositif, le pôle “Downtown”, sorte d’immense parc olympique où seraient regroupés 12 sites de compétition et pas moins de 19 sports. Parmi eux, l’éternel Memorial Coliseum, le stade des Jeux de 1932 et 1984. Une antiquité du sport californien, mythique mais démodée. Le projet 2024 prévoit sa rénovation, pour le porter à 80 000 places. Les épreuves de natation se dérouleraient dans un parc aquatique temporaire, construit sur un nouveau stade de football de 20 000 places. Ce pôle principal abriterait également le village des athlètes et le centre des médias.

A l’ouest, le “cluster” Westside serait utilisé pour 7 sites et 5 sports, autour de Santa Monica et Westwood. Le beach volley serait logé sur la plage de Santa Monica, où la discipline a vu le jour en 1922.

Le pôle Avalon, au sud de Downtown, regrouperait 4 sites de compétition et 5 sports. Il utiliserait, pour la plupart, des infrastructures existantes.

Enfin, la dernier pôle serait installé sur la côte, au sud de la ville: 5 sites, 8 sports. Avec, là aussi, une priorité aux équipements déjà construits.

L’idée générale n’échappera à personne: Los Angeles veut faire du neuf avec du vieux. Utiliser à fond les sites déjà existants, afin de réduire les coûts et séduire un CIO forcément refroidi par les problèmes actuels de Rio 2016. A l’image, bien sûr du Coliseum, mais également du Walt Disney Concert Hall, choisi pour les épreuves de taekwondo, ou la colline de l’Observatoire Griffith, où se dérouleraient plusieurs épreuves de cyclisme.

Autre preuve de cette volonté de recyclage: la présence à la tête du projet de l’Américain David Simon, l’actuel patron du Conseil de sports de la ville de Los Angeles. Une vieille connaissance du mouvement olympique, puisqu’il faisait partie de l’équipe de candidature de la ville californienne pour les Jeux de 1984, avant d’assurer la vice-présidence du comité d’organisation.

Le projet californien se révèle également compact. Selon le dossier de présentation, près de 80% des spectateurs pourraient être transportés vers les différents lieux de compétition par un réseau de transports publics étendu et modernisé. Le métro, notamment, verrait ses lignes rallongées et sa densité augmentée.

La Cité des Anges rêve tout haut de rejoindre Londres, seule ville ayant déjà accueilli trois fois les Jeux d’été. Elle ne manque pas d’arguments. Mais elle devra convaincre l’USOC, a priori plus tenté par l’option San Francisco, avant d’envisager batailler pour le gain des JO.