Laurie Blouin, tête dure

Une rubrique réalisée avec l’Organisation internationale de la Francophonie.

Son visage porte encore les traces de la souffrance. Une coupure sur la joue gauche, en-dessous de l’œil, large comme un ongle. La marque d’une chute violente survenue à l’entraînement, vendredi 9 février, à quelques heures de la cérémonie d’ouverture des Jeux de PyeongChang. Evacuée sur une civière, elle avait été transportée à l’hôpital pour un examen approfondi, les médecins craignant une commotion cérébrale.

Une trace de souffrance mais, dans son regard et son sourire, une joie profonde et intense. « Je ne réalise pas, c’est complètement fou », répète Laurie Blouin depuis sa deuxième place dans l’épreuve de slopestyle aux Jeux, lundi 12 février, derrière l’Américaine Jamie Anderson. Une médaille d’argent décrochée à 21 ans, pour sa première expérience olympique. La Canadienne peine à trouver ses mots. En trois jours, elle est passée de l’angoisse à l’ivresse.

Originaire du Québec, Laurie Blouin a découvert le surf des neiges à l’âge de 6 ans, sur les pentes de la station de Stoneham, dans les traces de son frère aîné. Elle voulait le suivre, elle cherchait à l’imiter. Elle a fini par le distancer. A 16 ans, elle se fait remarquer par un titre mondial chez les juniors. L’an passé, elle confirme ses promesses en décrochant la victoire aux Mondiaux seniors en Sierra Nevada, en Espagne.

Volontiers casse-cou, elle aime distraire son quotidien de surfeuse par des virées en motocross et des séances de trampoline. Passionnée de voyage, elle n’a pas hésité à se faire tatouer un avion sur l’avant-bras. De son propre aveu, Laurie Blouin est une entêtée. « Après ma chute à l’entraînement, je n’avais qu’une idée: oublier ma frayeur et remonter sur la planche. Je n’aime pas renoncer », confie-t-elle en passant avec aisance du français à l’anglais.

Au lendemain de sa médaille d’argent, la Québécoise a pris le temps de rencontrer les médias, au centre de presse des Jeux de PyeongChang. « Après ma descente, j’ai appelé mon père, il pleurait au téléphone, a-t-elle confié. Je ne l’avais encore jamais entendu pleurer. Cette médaille va marquer ma vie. »

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