Florent Claude, d’un pays à l’autre

Une rubrique réalisée avec l’Organisation internationale de la Francophonie.

Il est né en France, dans les Vosges. Aux Jeux de PyeongChang, il porte les couleurs de la Belgique. Florent Claude, 26 ans, un visage de jeune premier posé sur une silhouette de discobole, a découvert le biathlon sur les pistes françaises. Il en parle comme d’une passion de jeunesse. Il l’évoque comme une affaire de famille. Ses deux jeunes frères, Emilien et Fabien, portent les couleurs de l’équipe de France.

Sa trajectoire est longtemps restée classique. Adolescent doué, il s’offre une médaille d’argent mondiale aux championnats du monde juniors. Sous les couleurs françaises. Puis il intègre l’équipe nationale chez les seniors. Mais bientôt les blessures ralentissent son élan d’espoir du biathlon. En 2016, son nom disparaît des listes des sélections nationales. La raison voudrait qu’il range ses skis et son arme. « En France, avec mon âge, je savais qu’il me serait très difficile de rester au niveau », explique-t-il au quotidien Le Soir.

Mais la passion est trop forte. Il raconte: « Quand deux membres belges de notre club, André et Loïc Dehottay, m’ont parlé, en avril 2016, du projet que leur fédération essayait de développer, cela m’a plu. Envoyer des gens compétitifs aux Jeux olympiques pour développer le biathlon en Belgique, je trouvais ça plutôt bien. J’ai accepté de franchir le pas. Je voulais aller jusqu’au bout de mon rêve. »

Avant lui, l’Allemand Michael Rösch, champion olympique en relais aux Jeux de Turin en 2006, avait montré la voie, quittant l’Allemagne en 2013 pour enfiler les couleurs belges. Une recrue décisive pour la toute jeune Fédération belge de biathlon, née seulement une année plus tôt. Philippe Heck, son bénévole président, explique: « La venue de Michael Rösch a donné de nouvelles perspectives sportives et financières. Elle nous a permis de professionnaliser nos structures ».

Convaincu par le projet, Florent Claude se lance. La première année est difficile, les règlements lui interdisant de participer aux compétitions internationales. Il se contente d’épreuves nationales, pour conserver le rythme. Mais en mai 2017, il reçoit son passeport belge. Quelques mois plus tard, il assure sa place aux Jeux de PyeongChang 2018.

Seul francophone de la délégation belge aux Jeux d’hiver 2018, Florent Claude a retrouvé une forme d’ambition. Il veut contribuer, avec Michael Rösch, à sortir le biathlon belge de l’anonymat. Avec un objectif: qualifier une équipe masculine complète aux Jeux de Pékin en 2022.

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