Bruno Marcotte, le briseur de glace

Une rubrique réalisée avec l’Organisation internationale de la Francophonie.

La nouvelle deviendra officielle en fin de semaine à Lausanne, au terme de la réunion entre le CIO et les représentants de deux Corée: Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik, les deux jeunes patineurs artistiques nord-coréens, participeront à l’épreuve des couples aux Jeux de PyeongChang 2018. Ils avaient gagné leur billet sur la glace, en septembre 2017 en Allemagne, à l’occasion du Trophée Nebelhorn. Leur comité national olympique avait omis de les inscrire pour les Jeux dans les délais fixés par la Fédération internationale de patinage (ISU). Mais le rapprochement entre les deux Corée en fait les premiers candidats à une invitation du CIO.

Derrière leur progression se cachent la silhouette et le savoir-faire d’un entraîneur canadien. Bruno Marcotte, 43 ans, Québécois de naissance et de résidence, a accompagné les deux patineurs nord-coréens dans leur préparation olympique. Il était à leurs côtés, au bord de leur patinoire, à l’automne dernier en Allemagne (photo ci-dessus). Il devrait encore l’être en février prochain aux Jeux de PyeongChang.

Leur histoire commune débute au cours de l’hiver 2016. Le technicien francophone, ancien patineur de niveau international (médaillé de bronze en couple aux Mondiaux juniors en 1993, 12ème aux championnats du monde seniors en 2002), se souvient avoir remarqué les qualités techniques et la complémentarité de Ryom Tae-ok et Kim Ju-sik lors d’une compétition internationale. L’an passé, il croise une deuxième fois leur route aux Jeux Asiatiques d’hiver à Sapporo, au Japon. « Techniquement, ils étaient solides« , explique-t-il.

L’histoire aurait pu s’arrêter ainsi. Mais l’an passé, aux Mondiaux à Helsinki, les deux patineurs approchent Bruno Marcotte. Ils lui demandent, sans détours, de les accueillir pour un camp d’entraînement à Montréal. Ils suggèrent  aussi que Julie Marcotte, la sœur de l’entraîneur, supervise leur chorégraphie. Le Canadien hésite. Puis il accepte.

Fait peu commun: Ryom Tae-ok, 25 ans, et Kim Ju-sik, 18 ans, obtiennent l’autorisation du régime de Pyongyang de poser leurs patins pendant 8 semaines à Montréal, où Bruno Marcotte fait profession d’entraîneur, après avoir débuté son parcours à Vancouver. Julie Marcotte leur propose de patiner sur un titre de l’artiste québécoise Ginette Reno, Je ne suis qu’une chanson. Une façon de tirer un trait entre les deux jeunes Asiatiques et un autre couple canadien, Meagan Duhamel et Eric Radford, champion du monde en 2015.

Commentaire du coach, cité par Radio-Canada: « Pendant tout le temps que nous avons passé ensemble, ils ont été ouverts à mes conseils. Je n’avais jamais vu ça. Ils étaient comme des éponges. Ils voulaient tellement apprendre. J’ai aussi été très surpris par leur constance bonne humeur, leur bonheur d’être sur la glace, et la reconnaissance dont ils font preuve à mon égard. Ils patinent avec une très grande passion et une émotion palpable. »

Aux Jeux de PyeongChang, les deux jeunes Nord-Coréens ne sont pas destinés à s’approcher du podium. Mais leur prestation s’annonce comme l’une des plus suivies, et commentées, de la compétition. Elle aura un parfum canadien. Et une pincée de francophonie.

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