Institutions - 03/09/2019

Christian Coleman est blanchi mais le doute demeure

L’athlétisme américain peut respirer. Christian Coleman, l’une de ses meilleures gâchettes, numéro 1 mondial sur 100 m, sera du voyage pour Doha, au Qatar, à la fin du mois de septembre. Il participera aux championnats du monde en plein air. Son cas a été réglé par un tour de passe-passe de ses avocats. Mais son image en a pris un sacré coup.

Rappel des faits. Mercredi 21 août, le quotidien anglais Daily Mail révèle que Christian Coleman, 23 ans, vice-champion du monde en 2017, crédité d’un temps de 9 sec 81 cette saison sur 100 m, a manqué trois contrôles antidopage en moins de 12 mois. Il encourt une suspension d’une année minimum, voire de deux ans. Dans la foulée, l’Agence américaine antidopage (USADA) confirme avoir ouvert un dossier disciplinaire à son encontre. L’athlète conteste.

Le sprinteur devait être entendu mercredi 4 septembre. Il ne le sera pas. Ses avocats ont bien bossé. En creusant dans les textes réglementaires de l’Agence mondiale antidopage (AMA), ils ont trouvé la faille.

L’un des trois no-shows de Christian Coleman a été enregistré en date du 6 juin 2018. Mais le règlement de l’AMA précise que cette infraction doit être reportée au premier jour du trimestre où elle a été commise, soit le 1er avril 2018, au moment où l’athlète américain a enregistré dans le système ADAMS ses éléments de localisation. Le dernier de ses trois manquements remontant au 26 avril 2019, Christian Coleman passe entre les gouttes. Ses trois no-shows ne rentrent plus tous dans la même période de 12 mois.

Sur la forme, la conclusion de l’affaire est imparable. Christian Coleman ne risque plus rien. Il peut viser le titre mondial sur 100 m, cette saison à Doha. Il peut également déjà lorgner sur les Jeux de Tokyo en 2020.

Sur le fond, en revanche, la façon le cas a été réglé pose question. Prompte à montrer du doigt la moindre affaire de dopage en Russie, l’agence américaine s’est contentée des arguments, par ailleurs d’une grande habileté, des avocats de Christian Coleman. Elle peut toujours faire porter le dossier devant le TAS, mais il semble peu probable qu’elle le fasse.

« L’application des règles antidopage est essentielle dans tous les cas, a expliqué Travis Tygart, le directeur exécutif de l’USADA, dans un communiqué. Dans cette situation, nous avons appliqué la règle au cas de M. Coleman comme nous avons compris qu’elle devait être appliquée pour n’importe quel autre athlète au niveau international. Nous devons approcher chaque règlement de façon équitable pour les athlètes en faisant preuve de constance et de transparence pour conserver leur confiance. »

Visiblement embarrassée par l’argument présenté par le cas Coleman, l’USADA a demandé à l’AMA la confirmation de leur lecture des règlements. La réponse leur a été envoyée à la fin du mois d’août.

Ironie de l’histoire : le règlement en question est actuellement en réécriture, afin d’éviter d’autres confusions dans le futur. La nouvelle version prendra effet en 2021.

En attendant, Christian Coleman se présentera en favori du 100 m, à la fin du mois aux Mondiaux d’athlétisme à Doha. Il partagera ce statut avec un autre Américain, Justin Gatlin, le champion du monde en titre, lui aussi très présent au cours de sa carrière à la rubrique dopage. Pendant ce temps, les athlètes russes concourent sous drapeau et couleurs neutres.

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