Événements - 31/05/2019

L’ACNO prive San Diego des Jeux mondiaux de plage

La Californie a décroché l’organisation des Jeux d’été en 2028. Mais avant cela, l’état américain devra faire ceinture. L’Association des comités nationaux olympiques (ACNO) a annoncé jeudi 30 mai, par un très laconique communiqué, avoir retiré à la ville de San Diego l’organisation des premiers Jeux mondiaux de plage. Ils devaient se dérouler du 10 au 15 octobre 2019.

Le coup est rude. Pour la Californie, il ressemble à un mauvais feuilleton. Au mois de mars dernier, l’Association mondiale des fédérations sportives internationales (GAISF) a retiré à Los Angeles l’accueil de la première édition des Jeux mondiaux urbains, elle aussi prévue cette année. Leur organisation a été confiée à Budapest. Les Américains perdent coup sur coup deux événements présentés comme novateurs, censés proposer au public un subtil mélange de sport et de culture.

Dans son communiqué, l’ACNO ne détaille pas les raisons de sa décision. Elle ne mentionne même pas le nom de San Diego. « L’ACNO a décidé d’attribuer les Jeux mondiaux de plage à une nouvelle ville-hôte pour offrir le meilleur environnement possible aux comités olympiques nationaux et à leurs athlètes », explique l’organisation internationale.

Elle précise dans le même communiqué être déjà en discussion avec « un certain nombre de villes qui offrent les garanties financières nécessaires et ont l’expérience d’avoir organisé avec succès des événements de dimension mondiale. » Aucun nom n’est cité. Mais certaines de ces villes seraient asiatiques. Le continent organise depuis 2008 des Jeux asiatiques de plage. La dernière édition s’est déroulée en 2016 à Da Nang, au Vietnam. La prochaine est prévue en 2020 à Sanya, en Chine.

Enfin, l’ACNO assure que les premiers Jeux mondiaux de plage se tiendront bien en 2019. Plus de temps à perdre.

L’organisation olympique ne le dévoile pas, mais la raison de l’exclusion de San Diego serait financière. La ville californienne n’a pas été capable de séduire les sponsors. Elle a revu tous les coûts à la baisse. Mais son budget se situe toujours dans le rouge.

Rien n’a été simple dans l’histoire encore à écrire des Jeux mondiaux de plage. En octobre 2015, l’ACNO a annoncé avec clairons et trompettes avoir attribué la première édition à San Diego. La ville californienne avait été préférée à Sarasota, en Floride, Dubaï aux Emirats Arabes Unis, Sotchi en Russie, et une ville chinoise. L’événement devait se dérouler en 2017. Il devait rassembler 5 000 athlètes, engagés dans 22 sports.

Très vite, le scénario s’est mis à bafouiller. La première édition des Jeux mondiaux de plage a été repoussée de deux ans. Sa taille a été raccourcie à grands coups de ciseaux. Dans sa dernière version, elle ne comptait plus que 1 300 athlètes, avec un programme réduit à 14 sports. En janvier dernier, le BMX a été rayé de la liste, les organisateurs américains ayant jugé la discipline trop coûteuse à mettre en musique.

Le budget, lui aussi, a fondu comme un cornet de glace sous le soleil californien. Au dernier pointage, il était tombé à 39 millions de dollars, contre 135 dans sa version initiale. Mais Vincent Mudd, le président du comité d’organisation, a avoué jeudi 30 mai au San Diego Union-Tribune qu’il se situait désormais plutôt autour de 20 millions de dollars.

Malgré cela, la balance n’a jamais atteint l’équilibre. Les organisateurs californiens se sont toujours refusés à solliciter un aide publique. Leur événement devait être financé entièrement par des fonds privés.

Vincent Mudd l’a expliqué jeudi 30 mai dans un communiqué : « En raison des difficultés pour trouver les sponsors nécessaires, et du manque de temps, nous avons appris avec regret que l’ACNO avait décidé de retirer l’événement à San Diego. Notre ville possède une solide expérience dans l’organisation d’événements majeurs, y compris le Super Bowl et les World Series. Mais nous n’avons tout simplement pas réussi à conclure des accords financiers acceptables pour les deux parties. Cet événement constituait une première, sans antécédent de financement par le secteur privé. Mais nous étions prêts à atteindre les objectifs fixés par l’ACNO. »

Pour l’ACNO, le temps presse. Des athlètes issus de plus de 70 comités nationaux olympiques ont déjà satisfait aux critères de qualification pour les premiers Jeux mondiaux de plage. Sans Diego devait également accueillir, en marge de l’événement, l’assemblée générale annuelle de l’ACNO. Tout est à refaire.

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