Institutions - 26/11/2018

« J’estime être le candidat d’un consensus »

J – 3 dans la course à la présidence de l’Association des comités nationaux olympiques africains (ACNOA). Le siège laissé vacant par l’Ivoirien Lassana Palenfo, contraint de rendre les clefs de son bureau par une décision du TAS, est convoité par quatre dirigeants : la Burundaise Lydia Nsekera, l’Algérien Mustapha Berraf, le Camerounais Hamad Kalkaba Malboun, et le Botswanais Negroes Kgosietsile.

A deux jours du vote, prévu jeudi 29 novembre à Tokyo, en marge de l’assemblée générale de l’ACNO, tout semble possible. Président par intérim depuis plusieurs mois, Mustapha Berraf (photo ci-dessus) est déjà dans la place. Suffisant ? L’Algérien a répondu aux questions de FrancsJeux.

FrancsJeux : Quelle est la principale raison qui vous a poussé à vous présenter à la présidence de l’ACNOA ?

Mustapha Berraf : J’exerce les fonctions de vice-président depuis quatre mandats, avec toute la loyauté et la disponibilité nécessaires. Avec mes collègues du comité exécutif, nous avons obtenu de bons résultats dans la gestion et la résolution des conflits, ainsi que dans le fonctionnement de notre institution. Nous avons mis en application des réformes qui ont propulsé l’ACNOA au devant de la scène sportive internationale. Après le départ anticipé de Lassana Palenfo, nous avons décidé d’assurer une continuité, tout en procédant à quelques réaménagements indispensables pour rendre l’ACNOA plus performante et mieux respectée. Ma décision de me présenter a été prise d’un commun accord avec mes collègues. J’estime être le candidat d’un consensus.

Quelles sont les trois idées fortes de votre programme?

En premier lieu, poursuivre les activités déjà menées et parfaire l’organisation. Pour résumer mon plan d’actions en trois points, je mettrais d’abord la nécessité de redorer l’image du sport africain, dans un esprit de fraternité, de solidarité et de tolérance. Pour cela, il faudra établir des relations plus responsables, sincères et durables entre les confédérations, les instances ministérielles des sports et les comités nationaux olympiques. Par ailleurs, je veux doter l’ACNOA de tous les moyens humains et matériels nécessaires à son administration. Pour cela, les systèmes de gestion seront numérisés et les méthodes de communication professionnalisées. Un plan de formation et de mise à niveau continue sera également mis en place. Un programme de marketing sera mis en application. Nous veillerons aussi à rendre nos Jeux plus attractifs, en leur octroyant un caractère plus qualificatif. Enfin, ma troisième priorité sera d’établir l’équité et la parité entre les deux sexes au niveau de la gouvernance. Pour cela, nous amenderons nos statuts pour y ajouter des mesures incitatives en direction des femmes. Nous allons renforcer nos efforts pour la protection de l’environnement et les questions humanitaires, via la promotion du sport et de l’olympisme. La problématique des réfugiés sera d’ailleurs l’une de nos préoccupations majeures.

Comment se porte actuellement l’ACNOA ?

Nous n’avons pas eu de tensions depuis un an. L’ACNOA se trouve aujourd’hui dans une phase d’intérim, avec une concertation permanente de tous les membres du comité exécutif. Jusqu’à maintenant, nous n’avons pas eu de soucis, ni entre nous, ni avec nos pairs, pour faire fonctionner l’ACNOA. Ceux qui prétendent le contraire espèrent peut-être avoir l’adhésion des quelques personnes mal informées de la situation. Mais les procédures suivent leurs cours normalement, les relations sont empreintes de cordialité et les décisions sont prises en toute démocratie.

Vous occupez la présidence de l’ACNOA par intérim depuis plusieurs mois. Cela ne peut-il pas constituer un avantage susceptible de fausser le jeu face aux autres candidats ?

La campagne pour la présidence était ouverte à tous les membres de l’assemblée générale. Chacun pouvait y participer. Aux votants de choisir. Nous avons l’ambition de rassembler tout le monde autour d’un projet commun et d’un plan d’action qui, certes ambitieux, répondra aux attentes du mouvement olympique africain. Mon expérience et celle de mes collègues constituent l’atout majeur pour assurer une continuité et une pérennité de l’institution. Je veux également préciser, modestement, que j’ai présidé à la restructuration de l’ANOCA et à la mise en place des procédures pour assurer un fonctionnement modèle.

Le Sénégal vient d’obtenir l’organisation des Jeux de la Jeunesse en 2022. Cet événement doit-il préparer l’Afrique à une candidature olympique aux Jeux d’été en 2032 ?

La décision du CIO d’attribuer les JOJ 2022 au Sénégal est une excellente nouvelle pour notre continent. Elle met en avant la capacité de l’Afrique à organiser des événements mondiaux. Concernant une candidature aux Jeux d’été en 2032, il s’agit d’un rêve qui sera certainement accompli grâce aux efforts exceptionnels consentis par les pays africains et par mes collègues des comités nationaux olympiques. Leurs compétences commencent à être reconnues dans le reste du monde, malgré les faibles moyens dont ils disposent.

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